dessillons (citations sans commentaires)

dessiller : v. tr. amener quelqu'un à voir ce qu'il ignorait ou voulait ignorer.
épatant
dessillons a un an !
5537,75 visiteurs mensuels en moyenne,
dont 9022 en avril, nous dit la machine!
merci de votre curiosité...

lundi 10 novembre 2008

significatif ?

Ministère de l’Enseignement supérieur et de de la recherche CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008 / page 1/8__

(...) Appel d’offres ouvert passé en application des articles 57 à 59 du code des marchés publics

Objet : Veille de l’opinion

(...) ARTICLE 1 - OBJET DES MARCHES ET MODE DE PASSATION

Les présents marchés portent sur la veille de l’opinion dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

(...) ARTICLE 5 - DESCRIPTION DES PRESTATIONS

5.1 Présentation

5.1.1 Objectif

Le dispositif de veille en question vise, en particulier sur Internet, à :

Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)

Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion

Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau

Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation

Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)

Suivre les informations signifiantes dans le temps

Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)

Rapprocher ces informations et les interpréter

Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise

Alerter et préconiser en conséquence

Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion » potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués.

5.1.2 Sources surveillées

La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d'associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion.

La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc. Les sources d’informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillées et traitées.

Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d’un media à l’autre seront soigneusement analysés.

(...) 5.2.2 Livrables attendus

La veille est active : quotidienne, hebdomadaire et accompagnée de recommandations (ou non).

appel d'offre complet sur bellaciao

dimanche 9 novembre 2008

mortels ogm II (le retour, il n'est vraiment pas content)

Lorsque le Prince Charles affirma que des milliers de paysans indiens se suicidaient après avoir utilisé des OGM, il lui fut reproché de jouer sur la peur. En fait, comme le montre cette enquête, c’est encore PIRE que ce que l’on craignait.

(...) Shankara était un paysan respecté, un bon mari et un bon père, mais il s’est suicidé. Moins de 48 heures auparavant, et confronté à la perte de ses terres pour cause de dettes, il a bu un pesticide chimique. Dans l’incapacité de payer l’équivalent de deux années de revenus, il était désespéré et ne voyait plus aucune issue.

(...) La récole de Shankara a été mauvaise deux fois. Bien sûr la famine et les épidémies font partie de la vieille histoire de l’Inde. Mais la mort de ce paysan respecté est due à quelque chose de bien plus moderne et sinistre : les plantes modifiées génétiquement.

On a promis à Shandakar comme à des millions d’autres paysans comme lui, des récoltes et des rentrées d’argent incroyables, s’il passait de la culture de semences traditionnelles à la culture de semences GM. Séduit par ces promesses de richesses futures, il a emprunté l’argent afin d’acheter des semences transgéniques. Mais les récoltes ne furent pas au rendez-vous et il se retrouva dans la spirale de l’endettement et sans revenu.

Shankara n’est qu’un de ces fermiers – on estime leur nombre à 125 000 - à se suicider à cause de cette offensive brutale qui utilise l’Inde comme champ d’essais pour OGM.

Cette crise appelée « Génocide OGM » par les militants a reçu un coup de projecteur lorsque récemment, le Prince Charles affirma que la question des OGM était « une question morale mondiale » et que le moment de mettre une fin à son avancée inexorable était venu.

(...) En face du Prince, on trouve de puissants lobbyistes pro-OGM et des homme politiques importants qui prétendent que les plantes modifiées génétiquement ont transformé l’agriculture indienne en donnant des rendements plus élevés que jamais. Le reste du monde devrait choisir « l’avenir » et suivre cet exemple.

Alors qui dit la vérité ? Pour le savoir, je suis allé dans la « ceinture des suicides », dans l’état de Maharashtra.

Ce que j’ai découvert est extrêmement dérangeant et a de profondes implications pour les pays – y compris la Grande-Bretagne – où l’on débat pour savoir si on autorise ou pas la culture de semences manipulées par des scientifiques pour contourner les lois de la nature

Car même les chiffres officiels du Ministère Indien de l’Agriculture confirment que, dans un contexte de crise humanitaire immense, plus de 1000 paysans se suicident chaque mois.

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Andrew Malone, in le Daily Mail, 3 novembre 2008
traduction C. Berdot pour les Amis de la Terre

- à noter que ce billet remplace mortels ogm, une vidéo racontant la même chose, mais aujourd'hui plus disponible sur youtube, pas plus que des effets des brevets ogm (pourquoi ? ah, on ne sait pas) -

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vendredi 7 novembre 2008

la carotte ou le bâton à vichy ? le bâton.

Les cars au départ de Lyon et Grenoble avaient été bloqués le temps de ficher les militants, voire de les photographier.

Malgré tout, il y a 2 à 3000 personnes à 18h, devant le lycée, à Vichy.

Le cortège semble pressé de se rapprocher du lieu de rencontre des ministres : l’opéra - là où fut voté la fin de la IIIe république, et l’instauration du régime de Vichy, c’est de bon goût.

Sauf que (...) des grilles anti-émeutes bloquent la rue qui devait être normalement empruntée. (...) La banderole est proche des grilles. Une corde est accrochée. Ça tire, les grilles bougent, les flics mangent, la corde rompt, les flics gazent. La police teste ses nouveaux gazs à Vichy. Superdosés : les manifestants crachent, pleurent ou dégueulent.

(...) A l’espace Chambon le meeting continue. Les flics ont rattrapé leur retard, ils sont aux portes. Ils dissuadent à coup de flashball ceux et celles qui voudraient repartir. Ils s’approchent trop, alors ça dépave, ça démonte tout ce qu’il y a - de la cabine téléphonique au banc - pour faire une barricade. Le feu y est mis. Finalement personne n’attaquera.

La préfecture annonce 3 policiers blessés, une trentaine d’arrestations, 5 voitures brûlées.

(...) Aujourd’hui la presse n’en parlera quasiment pas. (...) Pas que ça à faire : c’est l’élection américaine. Et puis tenons nous en à la version officiel : c’est un simple sommet sur l’intégration, Vichy est une des 20 villes françaises pouvant accueillir une conférence internationale, nous ne comprenons pas que certains soient choqués...

via bellaciao

- avant ça : « Honnêtement, on en a ras le bol de cette histoire du passé » disait Hortefeux dans une carotte pour vichy -

mardi 14 octobre 2008

devoir de mémoire

N’oublie pas, je te prie.

Que "les grands pays de l’Union européenne" ont trouvé ce jour-là : 1.700 milliards d’euros.

Pour des "plans de sauvetage" des banques.

1.700.

Milliards.

D’euros.

16,5 fois le montant de "la dette publique globale de l’Afrique".

23,2 fois le montant de "l’aide publique au développement des pays pauvres par les pays riches".

212,5 fois "le budget du Fonds mondial contre les pandémies destiné à combattre le Sida, la tuberculose et le paludisme (6 millions de morts par an)".

N’oublie pas que pour te hisser hors de ta misère : ils n’ont jamais un rond.

Mais qu’au jour de sauver la porcherie capitaliste ?

Mâme Dupont ?

Les caisses ont débordé.

in vive le feu

mardi 7 octobre 2008

tous égaux - sauf les plus égaux, donc.

1 000 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros profiteront chacun d’une baisse d’impôt sur le revenu de 270 000 euros grâce au nouveau "bouclier fiscal". (...) Coût total de cette mesure pour le contribuable : 810 millions d’euros.

D’après les estimations de l’Assemblée nationale, 234 000 contribuables vont bénéficier des 810 millions d’euros (...).

18 000 foyers au revenu annuel supérieur à 41 000 euros vont toucher 31 200 euros de ristourne en moyenne par foyer. Pour eux seuls, le coût pour la collectivité est de 564 millions d’euros au total. Pour les plus gros patrimoines, c’est une vraie aubaine. Ainsi, 1 080 foyers au patrimoine supérieur à 15,5 millions d’euros toucheront plus de 270 000 euros. La collectivité va dépenser 272 millions d’euros pour eux.

On peut tirer plusieurs enseignements de ces données :

- La question des impôts payés par les couches de la population les moins aisées n’est en rien résolue. Hors impôts indirects (comme la TVA), il s’agit principalement d’impôts forfaitaires comme la redevance audiovisuelle ou la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (1), et des impôts locaux dont les bases de calcul - la valeur des biens immobiliers - datent des années 60.

(...)

- Lors de la présentation du texte, la ministre de l’économie a reconnu à l’Assemblée nationale la véritable portée du texte : "On entend souvent dire que cette mesure (le bouclier fiscal, ndlr) ne concernerait que la partie la plus riche de la population, mais n’est-ce pas celle qui fait tourner l’économie ?", a-t-elle déclaré. Il faut aider les plus riches parce qu’ils créent la valeur. Les salariés les moins qualifiés qui travaillent souvent dans les conditions les plus pénibles pour les plus bas salaires apprécieront d’apprendre leur faible apport à l’économie.

via observatoire des inégalités

vendredi 26 septembre 2008

dépression, nourriture et surconsommation sont dans un bateau

5,5 millions de Français auraient connu un EDM (épisode dépressif majeur) au cours de l’année 2008, soit la bagatelle de 8 % de la population ! (...) L’étude porte sur les Français de 15 à 75 ans. Pourquoi pas avant ? Pourquoi pas au-delà ? C’est comme ça. Disons 8 %, sachant que d’autres travaux montrent des chiffres plus bas. Mais aussi, si l’on tente de cerner le nombre de « subsyndromiques » (ici), qui ne réunissent qu’une partie des symptômes de l’EDM, on arrive au pourcentage affolant de 19 % de la population française. Atteinte chaque année de tout ou partie d’un EDM. Lequel s’appelle apparemment, aussi, « symptôme de la tristesse ». Je ne vous fais pas de dessin, c’est inutile, on imagine.

Mon arbitraire bien connu me conduit droit à une autre étude, de l’Insee celle-là. (...) Une enquête toute récente montre en effet que de 1960 à 2006, la part des dépenses consacrée à la bouffe - à domicile - est passée de 25 % du budget total à 12 %. Une division par deux, en 45 ans seulement. Encore plus spectaculaire : le repas, en dehors du dessert, ne représente plus que 6 % du budget en 2006. Le reste, ce reste gigantesque qui se chiffre en dizaines de milliards d’euros, va aux produits sucrés, dont les crèmes, yaourts et autres gâteaux fatalement industriels.

Vous n’échapperez pas à mes commentaires. Et d’un, la multiplication des objets matériels les plus débiles qui soient n’a pas rendu nos contemporains heureux. Se battre pour le téléphone portable n’a pas réglé la question. Ni l’achat de cette si belle voiture dotée de la clim et du GPS. Ni celui de la télé à écran plasma. Ni le crédit pour le canapé en cuir fauve. Ni rien. J’ai comme le pressentiment que nos frères humains d’il y a un demi-siècle souffraient moins d’EDM. Mais je n’ai pas de preuve, certes. Quoi qu’il en soit, la profusion matérielle paraît avoir de sérieux effets collatéraux, comme on dit dans ces guerres modernes où seuls les civils partent au cimetière.

(...) Le malheur social, évident, c’est que l’entreprise industrielle qui domine le monde vide le porte-monnaie de tous pour disperser jusqu’au lieu le plus reculé ses maudites productions. Faites donc la liste de tous les objets inconnus avant 1960 qui se trouvent en ce moment chez vous. Et essayez donc d’évaluer leur coût. Et leurs conséquences psychiques sur la vie de chaque jour, y compris familiale. Tentez l’expérience, vous risquez de vous étonner vous-même.

via fabrice nicolino
(ndd : discutable, on sait - réac, on voit - cependant...)

lundi 8 septembre 2008

plonge

(...) Il a peur, le gamin, il aimerait sortir, il fait un beau ciel bleu, au-dessus, dehors. J’ai regardé sa feuille de paie : 169 heures, 333 euros. La première année, l’apprentissage, ça ne rapporte pas lourd, 25 % du smic ; la troisième année non plus, seulement 85 % du smic. C’est pour cela que deux apprentis sur trois ne terminent jamais leur apprentissage, en France. D’autant que le gamin, en vérité, il ne fait pas 169 heures, mais plutôt 200 heures, si ce n’est plus. Pour apprendre à travailler plus, n’est-ce pas, il faut, comme dit son chef, « en baver ». Plus, plus tôt.

Vous devez être ceux qui menacent, pas ceux qui sont menacés. Vos dents doivent rayer le parquet. L’indulgence est comme la pitié, elle vous déshonore et elle déshonore aussi ceux qui en bénéficient. La société a besoin de durs, pas de mous. L’ennui, c’est qu’il y en a beaucoup, des mous, beaucoup trop. Il faut arrêter de reculer le moment de l’effort. Ne soyez pas indulgents avec vos salariés. Il y a tout plein de “bacs + 12” qui sont infoutus de travailler, ils ne sont même pas capables de trouver un balai pour faire le ménage. Quand on doit licencier quelqu’un, il ne faut pas cacher la vérité. Vous savez, c’est aussi difficile pour celui qui coupe que pour celui qui est coupé. Moi, je préfère les assassins aux escrocs : les escrocs, les gens les trouvent sympas. Les assassins, non, évidemment ; mais pourtant, ils ont un grand mérite, c’est de ne pas être hypocrites.

M. André Daguin, célèbre patron de la restauration, parlant à ses pairs, à l’université du Mouvement des entreprises de France (Medef) de Jouy-en-Josas, le 30 août 2004

via gérard filoche
article complet via le lien ci-dessous

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jeudi 4 septembre 2008

rsa-pour ça ?

Le RSA cherche à inciter à la reprise du travail. Mais concrètement, combien de personnes sont ainsi découragées de reprendre un emploi ? Il n’existe pas d’étude spécifique permettant de connaître précisément l’ampleur de cette "désincitation". Une étude du ministère des affaires sociales sur les minima sociaux et l’accès à l’emploi (voir l’étude) d’avril 2007 donne quelques pistes : environ 20 % des bénéficiaires du RMI se déclarent inactifs, et parmi ceux-là, seulement 1 % déclarent ne pas rechercher d’emploi car ce n’est pas financièrement intéressant.

Par ailleurs, à l’occasion du Grenelle de l’insertion, une enquête a été réalisée auprès des bénéficiaires du RMI, sur leur rapport à la citoyenneté et à l’emploi. Si 86 % des personnes interrogées estiment que le RSA encouragerait les bénéficiaires à reprendre un emploi, ils ne sont que 9 % à penser que "garantir que le travail paye par rapport à l’inactivité" soit une piste de travail prioritaire. De surcroît, parmi les 72 % de personnes interrogées qui sont sans emploi, 27 % citent comme frein au retour à l’emploi le fait que les emplois qui leur sont proposés ne leur conviennent pas. Et parmi ceux-ci, seuls 38 % citent le manque d’intérêt financier comme motif. Ce qui, ramené à l’échantillon total des rmistes interrogés, permettrait d’estimer à 7 % la proportion de rmistes "désincités". On est bien loin d’un cas général.

(...) Les salaires en France sont plutôt bas, le salaire moyen est inférieur à celui de l’ensemble de la zone Euro par exemple, selon Eurostat. En complétant ces salaires trop faibles, on encourage les employeurs à offrir de bas niveaux de rémunération, augmentés par la collectivité.

(...) A mettre l’accent sur la désincitation, on laisse croire d’une part que les allocations sont trop élevées, et que c’est le manque de volonté individuelle qui empêche de reprendre un emploi. On individualise un problème qui est avant tout un problème de société. Le risque est donc grand de renforcer la stigmatisation déjà subie par les allocataires de minima sociaux, en leur imputant la responsabilité de ne pas travailler.

article complet et étayé sur l'observatoire des inégalités

dimanche 17 août 2008

valeur travail

Trente-trois mille fois dans l'année, il a refait les mêmes gestes. Pendant que des gens allaient au cinéma, bavardaient, faisaient l'amour, nageaient, skiaient, cueillaient des fleurs, jouaient avec leurs enfants, écoutaient des conférences, se goinfraient, se baladaient, parlaient de la Critique de la Raison pure, se réunissaient pour discuter des barricades, du fantasme de la guerre civile ... pendant que le soleil se levait sur Grenade et que la Seine clapotait doucement sous le pont Alexandre III, pendant que le vent couchait les blés, caressait l'herbe des prairies et faisait murmurer les feuillages dans les bois, trente-trois milles carcasses de 2 CV ont défilé devant Mouloud depuis septembre, pour qu'il soude trente-trois mille fois le même interstice de cinq centimètre de long.

in "L'Etabli" de Robert Linhart (sorti en 1978)

vendredi 15 août 2008

et un cadeau patronal de plus, un

Depuis 15 ans, le financement de la protection sociale a largement été transféré des entreprises vers les ménages. En 1990 les ménages en finançaient 31% et les entreprises 42%. Aujourd'hui, ils en paient 40% contre 36% pour les employeurs privés et 24% pour les employeurs publics.

(...) Alors qu'en 1990 les impôts et taxes finançaient seulement 3,5% de la protection sociale (hors transfert), ils en représentent 21,2% aujourd'hui. A l'inverse, le poids des cotisations sociales (versées par les entreprises, ndd) est passé de 80 à 66%.

in le canard enchaîné, citant le figaro, citant une étude de la drees
la direction de la recherche, des études de l'évaluation et des statistiques (ouf !)

vendredi 18 juillet 2008

in and out

vue d'un des magasins de chaussures de luxe catwalk en Inde


vue d'atelier de fabrication de ces chaussures, dans le même pays - sur la troisième photo, le monsieur étale de la colle avec les doigts

via un ppt reçu par mail - info non vérifiée, mais tellement plausible...

lundi 14 juillet 2008

des petits trous encore des petits trous

* Horreur, cris, gémissements, le déficit de la branche maladie de la Sécu est de 4 milliards d'euros ! Quand on sait que la dépense totale de la Sécurité Sociale est de l'ordre de 670 milliards, on est un peu moins inquiet (126 milliards de prestations maladie versées en 2007 - ndd)(...)

Les entreprises bénéficient de 23 milliards d'exonérations de charges sociales entre 1 et 1,6 smic. A quoi ça sert ? Gandois, l'ancien patron des patrons, disait que ça ne servait strictement à rien(...) Prenons la restauration, magnifiquement représentée par Alain Ducasse, qui vient de prendre la nationalité monégasque pour ne pas payer d'impôts et qui perçoit 2 milliards d'exonérations de charges, plus de 800 millions d'aides directes. Un emploi de la restauration-hôtellerie coûte plus de 3000 euros par mois à l'Etat. Ca fait cher le fonctionnaire derrière un comptoir !(...)

Ajoutez les exonérations sur stock-options (2,1 milliards), sur l'intéressement, la participation, et les plans d'épargne entreprise (14,4 milliards), sur la prévoyance et la retraite complémentaire (13,6 milliards), sur les indémnités de licenciement (5,1 milliards), et vous avez de quoi boucher dix fois le trou de la Sécu.

oncle bernard in charlie hebdo

*Le Mythe du "trou de la Sécu" de Julien Duval - éd. Raisons d'Agir

samedi 12 juillet 2008

robin des bois

Samedi 5 juillet, le site du journal Le Figaro publie un tableau (pdf) sur le bouclier fiscal mis en place par le gouvernement.

Quand on lit ce tableau, on peut répondre à la question : à qui l’Etat a-t-il reversé de l’argent ?

(...) 479 Français ont un revenu fiscal de référence supérieur à 41 982 euros, et ils ont un patrimoine supérieur à 15 530 000 euros. Vous imaginez ?

Qu’a fait l’Etat ?

Réponse : l’Etat leur a reversé la somme ahurissante de 117 795 126 euros !

En moyenne, l’Etat leur a reversé 245 918 euros !

En clair : les contribuables Français ont reversé à 479 millionnaires 245 918 euros par personne !

in le grand soir

mardi 1 juillet 2008

la france est un pays de flics


"Il faut contrôler des ressortissants bosniaques, roumains, ainsi que des individus oringinaires des pays de l'Est", c'est ce que conseille, noir sur blanc, un document distribué à tous les commissariats de l'ouest parisien. Un fichier secret serait aussi en vigueur. Contrôle au faciès ? Fichage racial ? Totalement illégal en tous les cas...

reportage au 19/20 de France 3, 25 juin 2008, via les mots ont un sens

dimanche 29 juin 2008

question de boussole

Et ainsi, tous les 6 mois, tout le monde retient son souffle pour savoir quelles seront les perspectives de la Croissance pour le prochain semestre…. La Croissance serait la solution à tous ces problèmes, chômage, trou de la sécu, pauvreté….

Mais cette croissance dont on nous bat les oreilles, c’est la croissance du PIB, le Produit Intérieur Brut, c’est-à-dire tout ce qui donne lieu à des échanges monétaires, ce qui s’achète et qui se vend. Et donc, à coté de la satisfaction de nos besoins les plus vitaux, la Croissance embarque pêle-mêle des activités comme les réparations de catastrophes écologiques, AZF ou naufrages de pétroliers , les ventes d’armes, les dépenses de publicité, la consommation de tranquillisants, la dépollution de l’eau pour la rendre potable. Tout est "bon" pour la Croissance, du moment que cela donne lieu à des flux monétaires. Peu regardante sur ce qu’elle additionne, la Croissance oublie par contre toutes les activités humaines qui ne donnent pas lieu à des dépenses monétaires : entraide, vie associative, temps passé avec nos enfants et attention aux anciens…

Alors finalement, c’est quoi la richesse d’une société ?

Souhaite-t-on une société où la principale boussole est celle du chiffre d’affaires, et où l’on accepte des inégalités de revenus de plus en plus criantes ?

Une société où les dégâts écologiques ne viennent jamais remettre en cause la logique de la course aux profits ?

Souhaite-t-on une société où les dépenses de santé sont très élevées ou une société dont les personnes sont en bonne santé ?

Souhaite-t-on une société où les loisirs ne sont "bons" que si ils entraînent des dépenses, ou choisit-on la douceur de vivre ?

Et ainsi de suite...

Le PIB et la Croissance sont bien loin de mesurer l’amélioration du bien-être d’une société et du "bien-vivre" des individus. Ce ne serait pas si grave si cet indicateur se cantonnait à ce qu’il est, un regard sur les activités économiques. Mais son omniprésence dans les esprits en fait le raisonnement principal, affecte notre quotidien, empêche d’autres regards …

La santé par exemple n’est abordée que comme une dépense, alors qu’elle devrait être traitée en termes d’investissement sur l’être humain. Mais la prévention est moins productrice de "croissance" que la réparation… Et les dégâts de la pollution ou du stress au travail sur la santé, par exemple, ne sont jamais comptabilisés en négatif dans le chiffre d’affaire des entreprises…. oubliant que ce sont les humains et les conditions écologiques qui constituent les conditions de toute activité.

Construire de nouvelles boussoles, centrées sur l’être plus que sur l’avoir, se préoccupant certes du pouvoir d’achat, mais aussi de l’espérance de vie, de l’accès au savoir, à la santé…de la possibilité de se réaliser pleinement. Des boussoles où ce qui compte, c’est chaque être humain. Une économie au service de l’humain et non l’inverse.

(Un seul exemple, mais il en existe bien d’autres, l’indicateur de développement humain (IDH), proposé par le PNUD – et s’inspirant des travaux du prix Nobel d’économie Amartya Sen - considère trois critères essentiels : l’espérance de vie, le niveau d’instruction et le revenu.)

Il est urgent de changer notre regard sur ce qui fait la richesse d’une société.

Reprendre pouvoir sur nos propres vies, sur ce qui fait valeur pour nous. Se construire, personnellement, collectivement, sur une vision du monde ancrée sur l’humain, où chaque personne a sa place. Et le faire avec tous ceux qui sont les plus touchés par cette dérive de notre société.

in appel pour un autre regard sur la richesse
et l'initiative Produit Intérieur Doux

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