dessillons (citations sans commentaires)

dessiller : v. tr. amener quelqu'un à voir ce qu'il ignorait ou voulait ignorer.
épatant
dessillons a un an !
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dont 9022 en avril, nous dit la machine!
merci de votre curiosité...

vendredi 14 novembre 2008

bonjour, alors aujourd'hui tous ensemble nous allons fabriquer un ennemi.

Des spécialistes surarmés

Sur TF1, on détaille les techniques des terroristes à grand renfort de détails. Au péril de leurs vies, ils se hissent sur les caténaires à 7 mètres de hauteur sur un câble de 25000 volts(...) Curieusement, la plupart des incidents sont décrits comme ayant été provoqués par des blocs de béton déposés sur la voie, mais l'enquête journalistique suit son cours. Sur France 2, on évoque un attirail impressionnant, découvert lors des perquisitions : des livres, des barres métalliques, des cagoules, des fumigènes, des gilets pare-balles, ou encore... des tiges de fer. Armés jusqu'aux dents !

Une nébuleuse internationale

Autre détail croustillant, sur France 3 : ils ont protesté contre le CPE ! Et les images violentes défilent à l'écran. Ils ont manifesté en Allemagne ! Et les images violentes défilent à l'écran. Ils ont défilé aux Etats-Unis devant une caserne militaire ! Et les images violentes défilent à l'écran. D'ailleurs, cette caserne a été la cible d'un attentat un mois après, bizarre(...)

On en appelle aussi à l'expertise des experts, aucun doute, l'ultra-gauche est dangereuse, car indépendante et hors de contrôle : anarcho-autonomes, selon le ministère de la Justice. D'ailleurs, de nombreux rapports des RG le soulignent : les gens dangereux sont dangereux. La presse se risque même à reproduire les propos d'Alain Bauer, spécialiste parmi les spécialistes, sarkozyste parmi les sarkozystes, qui ose un rapprochement avec le groupe terroriste "Action Directe". Sur France 3, Michèle Alliot-Marie déclare que ces gens étaient sous surveillance depuis longtemps, qu'ils ont été vus à proximité de voies TGV, que des rapprochements ont été faits, qu’ils étaient aussi sous surveillance du FBI, etc. La police et le FBI les auraient donc laissé faire ?(...)

Mais à chaque fois, après ce déferlement de témoignages à charge, un journaliste conclut le reportage, devant un bâtiment officiel orné de drapeaux tricolores, par une résurgence d'esprit journalistique : "on ne sait pas grand chose, il n'y a pas de preuve". Ce qui a été confirmé par plusieurs sources judiciaires. Aucune preuve. Rien...

Une enquête ? Quelle enquête ?

Pire, même. Selon une information Europe 1, les dix gardés à vue n'ont pas été interpellés dans le cadre de l'enquête sur les sabotages de la SNCF, mais dans celui d'une enquête préliminaire ouverte le 16 avril par le parquet anti-terroriste. Cette enquête vise à établir leur rôle dans des violences qui ont eu lieu lors de manifestations à Vichy début novembre et à Thessalonique début septembre.

Et si on trouvait des traces d'un compte bancaire, on pourrait aussi les accuser d'avoir fomenté la crise financière ? Les journalistes veillent au grain...

article complet sur lesmotsontunsens

mardi 11 novembre 2008

c'est un sénateur UMP qui le dit, alors...

gérard longuet, sénateur UMP, face à xavier darcos, ministre de l'éducation


via les mots ont un sens

mardi 7 octobre 2008

parlons expulsions, parlons bizness, parlons argent

Officiellement, donc, si l'on s'en tient au budget 2008 (...) le volet "police des étrangers et sûreté des transports internationaux" perçoit 760 millions d'euros.

(...) Estimons que les 2/3 de ce budget sont consacrés à la politique d'éloignement : (...) à minima 580 millions d'euros. Ce qui revient, si l'on s'en tient aux 25 000 expulsions annoncées, à la modique somme de 23 200 euros par expulsion.

A ce calcul, on peut ajouter de nombreux éléments quantifiables, (...) investissements pour augmenter les CRA, (...) tripotées de flics tapis dans l'ombre, (...) gardes à vues avec traducteurs, (...) transferts administratifs escortés, (...) prestations hôtelières pour les (policiers) accompagnants (aux frontières), prix des rétentions inutiles, (...) contentieux judiciaires, (...) affrètements spéciaux d'avions militaires, ...

"L'estimation haute de du prix de la politique d'expulsion, affirme Damien de Blic, ses calculs détaillés sous les yeux, atteint facilement le milliard d'euros." Soit le montant de l'enveloppe prévue cette année pour la rénovation de 800 000 logements sociaux et pour les communes les plus pauvres.

Bref, on peut se faire une idée de ce que le contribuable a perdu en foutant dehors des gens qui, pour la plupart, retenteront leur chance. En revanche, on ne sait pas ce que le citoyen aurait gagné s'ils étaient restés...

via agathe andré dans charlie hebdo

voir également un article complet sur la question par damien de blic, dont nous parlions ici même (c'est pas pour faire les malins, mais c'était il y a déjà plus d'un an !) dans un coût chasse l'autre.

samedi 4 octobre 2008

une carotte pour vichy

« Honnêtement, on en a ras le bol de cette histoire du passé », par ces mots, Brice Hortefeux expliquait le 28 juin dernier lors d’un meeting sur l’Europe sa décision d’organiser un sommet de l’Intégration à Vichy les 3-4 novembre prochain. Il s’agirait d’en finir avec l’opprobre qui pèse sur la ville depuis un demi-siècle. Le débat déjà ancien sur l’amalgame entre le nom d’une ville et la désignation de l’Etat français dirigé par le Maréchal Pétain rebat alors son plein. Une proposition de loi avait d’ailleurs déjà été déposée par le député Gérard Charasse le 26 mars 2003 visant à « substituer, dans les communications publiques invoquant la période de l’État français, aux références à la ville de Vichy, l’appellation « dictature de Pétain ».

L’idée est donc claire : la ville souffrant de son involontaire fusion terminologique avec l’une des périodes les plus sombres de l’histoire de France, rebaptiser la période vichyste permettrait de s’alléger de ce lourd fardeau. (...) En insistant au contraire sur « la dictature de Pétain », on vient substituer une dimension personnalisée à une réalité plurielle : Laval n’était pas Pétain, Darlan n’était pas Laval etc… Ce faisant, on retrouve entre les lignes le discours des tenants de la version gaullienne du régime de Vichy qui partage la France entre traîtres et patriotes et vise à déconnecter ce moment historique de la continuité de l’Etat français. Rappelons au passage que, dans son discours de 1995, Le président Chirac affirmait la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs de France, et qu’aucune lecture sérieuse de cette histoire ne peut prétendre revenir sur ce point. Pourtant, en mai dernier à Ouistreham, Nicolas Sarkozy, dans son discours, réitérait cette vision éculée en affirmant que « la vraie France n’était pas à Vichy », et que « La vraie France, la France éternelle, elle avait la voix du général de Gaulle, elle avait le visage des résistants ».

Dans ce contexte, la décision de Brice Hortefeux ne peut que nous alerter. Que ce ministre, élu de la région Auvergne, se targue d’en attendre un retournement symbolique de l’image de Vichy ne doit pas masquer le cynisme qui consiste à proposer un sommet européen de l’« Intégration » sur le lieu même d’un régime qui s’est illustré par sa politique discriminatoire et criminelle à l’égard des étrangers. Les lois antisémites d’Octobre 1940 restent, en outre, une marque indélébile, non de la ville, mais de la prise en charge de l’antisémitisme par l’Etat français replié à Vichy.

via le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire
incroyable ? alors voyez la vidéo ici

jeudi 2 octobre 2008

une ordure à ne pas ménager ?



"On est embêtés aussi avec les populations de Gitans, personne n'en veut (...) Nous avons à accueillir, sur nos territoires, des populations difficiles, des logements sociaux, les déchets nucléaires..." Philippe Leroy, sénateur UMP et président du Conseil général de la Moselle, justifiant l'enfouissement des déchets nucléaires dans sa région.
via France 3, cité par rue 89

lundi 22 septembre 2008

la CIMADE faisait trop de bruit...

Par un décret publié le 22 août dernier, le ministre de l’Immigration a décidé de bouleverser le dispositif qui permettait d’informer les étrangers retenus dans les centres de rétention et de leur apporter assistance dans la mise en œuvre effective de leurs droits. Depuis 1985, la CIMADE était l’organisation missionnée pour accomplir cette tâche difficile.

Le décret prévoit que l’ensemble des CRA à travers la France seront répartis en huit lots et que toute association ou personne morale pourra faire acte de candidature dans une logique de concurrence. Parmi les obligations auxquelles seront soumises les associations concernées figure un inquiétant « devoir de neutralité et de confidentialité ».(...)

Aucun des arguments défendus par M. Hortefeux n’est convaincant :

- il invoque la surcharge de travail dont se plaindrait la Cimade : à supposer qu’elle existe, elle n’est liée qu’à la mise en oeuvre de quotas d’expulsion qui peuplent les CRA de personnes qui n’ont rien à y faire et elle pourrait se résoudre, au mieux par une politique plus humaine, et au moins par l’augmentation des moyens mis à la disposition de l’association.

- Il vante la fin d’un monopole et l’ouverture, mais on voit bien que l’objectif implicite est de diviser pour mieux régner et de remplacer aussi souvent que possible une association qui se fait une haute idée de sa mission de service public et revendique, avec mesure, mais constance, sa dimension militante et sa liberté d’expression.

La Cimade, présente dans tous les centres et lieux de rétention, se tient à la disposition des étrangers qui y sont amenés, les informe, non seulement sur leurs droits, à l’asile ou à la vie privée et familiale, mais leur donne aussi les moyens pratiques de les mettre en œuvre, en rédigeant des recours, en mettant un mémoire à la disposition des avocats commis d’office, en aidant les personnes retenues à communiquer avec leurs proches, leurs soutiens.

Est-ce cette action qu’on lui reproche, parce qu’elle permet quotidiennement à des personnes d’échapper au sort qui leur était promis par les services de M. Hortefeux ?



La CIMADE alerte les pouvoirs publics sur la situation réelle dans ces lieux fermés où seuls, à part elle, les parlementaires peuvent pénétrer et livre chaque année à l’opinion et aux media un rapport très complet sur ce qui s’y passe(...)

Ainsi, pendant les longs mois de crise au CRA de Vincennes qui ont précédé l’incendie qui l’a détruit le 22 juin dernier, la CIMADE n’a cessé d’alerter sur les conditions d’existence détestables, le climat de violence et d’humiliation, dont souffraient les étrangers retenus.(...)

A un moment où l’Etat construit à tour de bras de nouvelles prisons pour étrangers, alors que l’existence d’une directive européenne laisse planer la menace d’un allongement de la durée de détention et d’une nouvelle régression des droits, RESF exprime sa solidarité avec la CIMADE et se tient prêt à lui apporter toute la solidarité qu’elle jugera nécessaire à la poursuite de son action.

educationsansfrontieres.org

post scriptum, 04 octobre :

La Cimade est déterminée à poursuivre son action de défense des étrangers placés en rétention, mais elle refuse le morcellement de la mission en lots éclatés attribués à des prestataires de service.

Réunie en Assemblée générale extraordinaire le samedi 4 octobre, la Cimade a réitéré sa volonté de poursuivre son action au service des migrants.

L'Assemblée générale a donné mandat au Conseil de rechercher avec des associations et organisations non gouvernementales, les conditions permettant la mise en oeuvre d'une mission nationale cohérente assumée conjointement.

En conséquence, la Cimade demande au ministre de l'Immigration de modifier le dispositif prévu par le décret et l'appel d'offres publiés fin août.

communiqué presse cimade

mercredi 17 septembre 2008

question à s'emballe

J’ai une question pour le ministre Morin, Hervé, de la Défense (nationale).

Je voudrais savoir ce qu’il en est, de son avis exact sur le fichage de ses concitoyen(ne)s ?

Non, je demande, parce que l’autre jour, devant les 26 adhérents de son Nouveau Centre, il a (très crânement) dit qu’Edvige lui inspirait de la réserve.

Edvige est, comme on sait, l’acronyme plaisant derrière quoi se planque l’"Exploitation Documentaire et (la) Valorisation de l’Information GEnérale".

(Je suppose que ses concepteurs auraient aussi bien pu l’appeler "GESTion Automatisée de la surveillance des POpulations à risque(s)", mais je reconnais bien volontiers que cet acronyme-là eût été moins fédérateur.)

(...)

Mais.

Car il y a un gros MAIS.

Juste derrière Edvige, nous avons Cristina, qui n’est pas du tout la merveilleuse correspondante hollandaise dont tu rêvais durant que tu étais un adolescent à boutons, mais la "Centralisation du Renseignement Intérieur pour la Sécurité duTerritoire et les Intérêts NAtionaux". (...)

"Aucune source officielle n’a précisé les types de renseignements de ce fichier" Cristina (in le JDD). (...)

De fait, la question se pose, car, outre que nul ne sait de quoi elle est faite, Cristina est, surtout, "classé(e) secret-défense".

Pour le dire autrement, Cristina est un peu comme Edvige, mais un peu seulement, parce que, dans la vraie vie, Edvige est beaucoup moins flippante que sa copine.

Sur l’échelle d’Honecker, Edvige est à 7, mais Cristina est à 9, justement parce qu’elle est protégée (du regard fouineur de la plèbe grossière), par une classification "réservée aux informations ou supports protégés dont la divulgation est de nature à nuire gravement à la défense nationale".

Or.

Je te prie.

Est-ce que les mots "nuire gravement à la défense nationale" ne font pas une rime rich(issim)e avec les mots : "Hervé Morin, ministre de la Défense nationale" ?

Ah ben si, alors : c’est même carrément opulent.

D’où ma question : est-ce que des fois Morin, Hervé, nous prendrait pour des gros benêts de l’espace, quand il déplore Edvige en même temps qu’il tait que son effroyable grande soeur est protégée par le secret de son propre ministère ?

D’où ma deuxième question : est-ce que Morin, Hervé, envisage, par cohérence, une déclassification, dès mercredi matin, du fichier Cristina, pour mieux nous montrer qu’elle n’intègre nulle "information relative aux personnes physiques ayant seulement sollicité un mandat politique ou syndical", et ne concerne pas (du tout) "les personnes jouant un rôle économique, social ou religieux significatif" ?

sébastien fontenelle in vive le feu

samedi 6 septembre 2008

peste !

La capture de nouvelles chrysomèles sur Saint-Priest et Communay a mis une fois de plus en évidences un exemple parmi d’autres, où pour des illusions, ou plus graves encore, pour servir les intérêts de grands groupes, la profession agricole est agressée, montrée du doigt voire jetée « à la vindicte populaire » ! (L’eau, les nitrates…).

En effet, lors de la réunion à la Draf pour définir la mise en œuvre des moyens de lutte qu’imposent, tant Bruxelles que l’arrêté ministériel, à ce parasite classé insecte de quarantaine. La profession a été littéralement agressée et mise en accusation à tort par les représentants de l’apiculture.

Pour eux, les seuls bons agriculteurs sont les « bio ». Certes, un créneau existe pour des productions « bio », mais il ne deviendra jamais l’intégralité des productions agricoles. Heureusement, car le monde serait en situation de famine et l‘espérance de vie des Français ne se situerait plus au niveau actuel. La généralisation du « bio » reposerait les énormes problèmes de santé publique résolus par nos aînés.

Aussi, au lieu de s’adapter aux évolutions et rechercher avec nous les solutions qui permettraient à chacun de se côtoyer et de vivre de nos productions respectives, les apiculteurs veulent en permanence, imposer leur vision passéiste et dangereuse.

À rester dans une logique de concertation et de discussions entre partenaires, on nous a supprimé le « gaucho », demain les traitements « hélico » ?

Désormais, vis-à-vis des individus qui se comportent en véritables parasites à l’encontre des agriculteurs, nous devons être virulents et offensifs (la carotte ne peut plus être l’unique solution, il faut avoir un solide bâton dans l‘autre main et montrer de temps en temps que l’on sait s’en servir).

Dorénavant, lorsque nous pouvons être en mesure de porter des coups, nous devons nous montrer impitoyables et contrer voire « casser » nos détracteurs, s’ils exposent leur flanc et que l’occasion de tirer s’y prête. Avant que leur intégrisme finisse par menacer la santé de nos enfants. Certains apiculteurs, aujourd’hui, sont dans ce camp, il est temps d’agir avec une fermeté exemplaire.

Lucien Barge, responsable de la FDSEA du Rhône. Autrement dit, la FNSEA, le grand syndicat agricole dont le bilan éloquent, en soixante ans, aura été d’accompagner en fanfare la disparition pure et simple de la paysannerie.

citations extraites du numéro 1976 du bulletin L’Information agricole du Rhône, en date du 28 août 2008, sous le titre : « Ne pas se tromper de cible ».

via planète sans visa

- pour autant, nous avions mis ça en ligne : la FAO estime que l’ agriculture biologique peut nourrir et protéger la planète -

mardi 5 août 2008

ça s'est passé près de chez vous

Gdimanche 13 janvier - Tous les matins on nous fouille. La nuit ils sont dans les couloirs. Lorsqu'on doit se rendre aux toilettes, ils nous suivent et laissent la porte ouverte. Ils mettent l'alarme entre minuit et 1 heure, pour qu'on ne dorme pas.

mardi 15 janvier - Je suis fatigué. Rien ne sort de ce qui se passe ici. Il n'y a pas d'eau chaude dans les douches. Il n'y a pas de chauffage dans certaines chambres(...) On fait des réunions entre les deux pavillons : une personne se rend au grillage pour raconter aux autres ce qui se passe dans l'autre pavillon, et vice versa.

mercredi 16 janvier - Le centre est plein, mais ils continuent de ramener des gens. Hier, ils ont ramené deux gars. Ils ont dû dormir par terre dans le couloir.

mercredi 30 janvier - Lundi il y a eu 3 tentatives de suicides. Et mardi soir une tentative de suicide dans notre pavillon. Il a essayé de se pendre avec sa ceinture...

mercredi 23 janvier - Hier soir à minuit, on a refusé d'être comptés. Tout le monde criait LI-BER-TE... Les manifestations à l'extérieur, ça nous fait du bien... Ce soir des gars ont mis le feu à leur chambre...

lundi 4 férvrier - Hier, quinze personnes ont déchiré leurs cartes (avec un numéro, ta photo, ton nom et ta nationalité) et les ont jetées dans le couloir... Les refus de comptage, c'est presque tous les jours.

mardi 5 février - Le soir il fait froid dans les chambres. Moi je ne m'alimente plus depuis 11 jours... On n'a pas le droit d'avoir de stylo ni de papier. On est isolé...

lundi 11 février - Hier, personne n'a mangé.

mardi 12 février - Nous étions devant la télé. La police a éteint la télé sans rien dire. On a demandé qu'ils la rallument. Ils n'ont pas voulu. Le ton est monté très vite. Ils ont voulu prendre une personne pour la mettre en isolement. On les en a empêchés. Ils nous ont demandé de monter dans les chambres pour le comptage, on a refusé. Alors ils sont revenus en nombre... Ils nous ont séparés en deux groupes, puis ils nous ont tabassés dans l'escalier, dans le couloir et dans les chambres. Je dirais qu'il y a cinq blessés... Pour celui qui a le nez cassé, ils sont rentrés dans sa chambre et ils l'ont tabassé. Il y a plein de sang dans sa chambre et dans le couloir. Les pompiers ont emporté 5 ou 6 personnes... Entre 3 et 4H du matin, ils nous ont tous sortis dehors. Certains n'ont pas eu le temps de s'habiller. On a attendu une demi-heure dans le froid.

mercredi 27 février - Les policiers viennent chercher les gens à 5 heures du matin pour les emmener à l'aéroport... Les gens ont peur. Ils ne veulent pas se battre. Ils sont trop déprimés.

lundi 7 avril - On sait qu'il y a eu des blessés dans le CRA 2 (Centre de Rétention Administrative), hier, suite aux affrontements... Depuis hier, ceux qui ont déchiré leur carte sont interdits de visite. Avant, ceux qui n'avaient pas de carte ne pouvaient pas manger au réféectoire. Maintenant qu'on fait la grève de la faim, ils nous interdisent les visites... Même si tu n'es pas expulsé, tu restes ici 32 jours. Quand tu sors, tu as déjà tout perdu. Tu n'as plus d'appartement, parce que tu n'as pas pu payer le loyer. Et plus de travail, parce que tu n'y es pas allé.

mercredi 9 avril - La grève de la faim s'est terminée des deux côtés. Tout s'est fini avec rien au bout... Il faut penser la lutte autrement. Les gens bouffent des lames de rasoir tous les jours et on n'entend pas parler d'eux.

lundi 14 avril - Si je suis expulsé, je vais accepter : quand c'est la deuxième fois(...), ils te scotchent comme un animal, et je ne veux vraiment pas partir scotché comme un animal...

vendredi 23 mai - Les chiens sont comme un CD qui tourne : ils aboient toute la journée. Les projecteurs sont braqués sur nous en permanence... Ils sont tellement puissants qu'ils traversent les vitres teintées... Ca pousse à la crise de nerfs... Les douches sont bouchées, les toilettes sont pleines à craquer, à tel point qu'il faut parfois les vider dehors...

lundi 16 juin - c'est invivable, on voit de tout. Par exemple, il y a un mec qui a été opéré du cerveau. Il a des cicatrices, il a été arrêté en pleine convalescence, deux jours après être sorti de l'hôpital... Il doit se faire encore opérer le 20 juin... Quand quelqu'un s'évanouit, ils l'emmênent à l'hôpital. Et puis très souvent on entend que la personne a été expulsée...

Le 22 juin, plusieurs incendies ravagent les 2 bâtiments du CRA de Vincennes.

propos recueillis par RESF par téléphone, in charlie hebdo

lundi 21 juillet 2008

connais tes ennemis

via le berk philippe de villiers

mardi 8 juillet 2008

allez on oublie la politique 2 secondes avec une petite pause musicale...

dimanche 29 juin 2008

une directive en 2008... l'état d'urgence en 2012 ?

Le 13 juin dernier la Direction des affaires criminelles et des grâces du Ministère de la Justice a publié une note à destination des parquets afin de faire face à « la multiplication d’actions violentes commises sur différents points du territoire national susceptibles d’être attribuées - ça n’est donc même pas sûr - à la mouvance anarcho-autonome », notion dont il convient d’observer l’absence de contours précis.

On y apprend que, « outre des inscriptions sur des bâtiments publics (en clair, des tags), cette mouvance s’est manifestée par la commission d’actions violentes en différents points du territoire national au préjudice de l’Etat et de ses institutions » et que « c’est aussi à l’occasion de manifestations de soutien à des prisonniers ou d’étrangers en situation irrégulière (nous y voilà) que ses membres s’expriment, parfois avec violence ».

Le zèle développé à cette occasion par la Chancellerie prêterait presque à sourire s’il n’était ensuite demandé aux magistrats « d’informer dans les plus brefs délais la section anti-terroriste du parquet de Paris pour apprécier de manière concertée l’opportunité d’un dessaisissement à son profit » et, par voie de conséquence, de permettre une extension quasi illimitée d’une législation d’exception.

Cette manière de procéder devrait ainsi permettre – au prétexte bien commode et très consensuel de lutte contre le terrorisme – de renforcer la répression à l’encontre des différents acteurs du mouvement social.

A n’en pas douter, la philosophie générale de cette note singulière est à rapprocher des propos récemment tenus par le porte-parole de l’UMP à l’encontre du Réseau Education Sans Frontières et autres collectifs « faiseurs de provocations » et « semeurs de désordre » qui - bientôt suspects d’appartenir à cette fameuse « mouvance anarcho-autonome » - pourront bénéficier d’un traitement judiciaire de faveur.

Le Syndicat de la magistrature dénonce avec force ce procédé et invite les magistrats à faire preuve du plus grand discernement dans la mise en œuvre de cette scandaleuse dépêche.

in syndicat-magistrature.org
et copie de la directive du 13 juin 2008

- avant ça : bourgeois de france unissez-vous -

mardi 24 juin 2008

"je ne suis pas républicain, je ne suis pas antirépublicain, je suis un fonctionnaire"*

Un couple germano-sénégalais, Paris :

Monsieur : La première fois, je suis sorti de la préfecture, je n’avais rien compris. J’ai l’impression que c’est comme s’ils avaient suivi une formation de mécanicien, ils te disent la même chose 18 fois. En fait, ils peuvent avoir compris ce que tu viens chercher, mais on dirait qu’ils ont pour objectif de te décourager ou de ne pas t’informer pour que tu ne comprennes même pas ce que tu dois faire à l’avenir. Je suis ressorti sans avoir obtenu aucune information. Chaque fois que j’essayais d’expliquer ma situation, elle me répétait : « il faut aller au Sénégal chercher un visa de long séjour, il faut aller au Sénégal chercher un visa de long séjour, il faut aller au Sénégal chercher un visa de long séjour… La deuxième fois on est tombé sur une jeune femme très compréhensive qui nous a écoutés mais son chef est intervenu et il l’a réprimandé. Elle est restée comme humiliée. Après elle ne disait plus rien. On a eu l’impression qu’il y avait de l’intimidation au sein du service, ou même du harcèlement. Elle s’est effacée et c’est son chef qui a conclu l’entretien, il a même essayé de nous reprendre le formulaire qu’elle nous avait donné. Heureusement ma femme a retenu le papier, c’est fou ! ».

Madame : « En tout cas, c’est particulièrement douloureux parce que ce qui est en jeu est très important. J’ai appelé hier le consulat d’Allemagne, j’ai pu dire ouvertement que mon mari est un sans-papier, on ne m’a pas traité comme une criminelle. On m’a écouté, ils étaient ouverts. Donc j’ai pu parler de la situation ouvertement. On ne m’a pas tout de suite étiquetée et il y a eu des réponses humaines. Ça m’a vraiment frappé. Alors qu’avec la préfecture à chaque fois on en sort frustré, tendu. On se sent abandonné, d’ailleurs on perd le respect de l’Etat français ».

in cimade.org
*credo du ministre de l'intérieur et de la justice de Pétain en 1940, lors de son procès

vendredi 16 mai 2008

amoureux au ban public

Depuis plusieurs mois, des collectifs de couples franco-étrangers se mobilisent partout en France au sein du mouvement des “Amoureux au ban public”. Ils s’engagent pour la défense collective de leur droit de mener une vie familiale normale mise à mal par le durcissement continu des lois et des pratiques administratives.

plus d'infos sur cimade.org

rappel dessillons:

Art. L. 211-2-1. modifié - Pour lui permettre de préparer son intégration républicaine dans la société française, le conjoint de Français âgé de moins de soixante-cinq ans bénéficie, dans le pays où il sollicite le visa, d’une évaluation de son degré de connaissance de la langue et des valeurs de la République. Si cette évaluation en établit le besoin, les autorités mentionnées au premier alinéa organisent à l’intention de l’intéressé, dans le pays où il sollicite le visa, une formation dont la durée ne peut excéder deux mois, au terme de laquelle il fait l’objet d’une nouvelle évaluation de sa connaissance de la langue et des valeurs de la République.

in projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration

et aussi: douce france...

jeudi 15 mai 2008

la droite décompléxée, on a dit

Le Canard enchaîné révèle que le responsable du pôle communication du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, Gautier Béranger, est poursuivi pour "injures racistes" par un vigile de supermarché. "Sale Noir!", lui aurait-il dit avant de le menacer de le "renvoyer dans son pays", alors que le vigile appliquait une procédure habituelle de l'enseigne.

 in telerama.fr

Pierre-Damien Kitenge (le vigile) a livré sa version des faits: "Quand le caissier m'a appelé, il m'a tendu le chèque et la pièce d'identité du client. Aussitôt le client a pété un câble. 'Qu'est-ce que c'est cette histoire, sale noir, vous n'avez pas à toucher mes papiers. Vous ne savez pas à qui vous avez à faire. Vous pouvez mettre une croix sur votre carrière. Retournez chez vous, je vais vous prouver qui je suis.' J'ai gardé mon sang froid. J'ai dit 'Monsieur, je ne sais pas qui vous êtes' et là il a mis sa main dans la poche, il a sorti une carte de visite, il m'a montré la carte sur laquelle il est marqué 'Directeur du cabinet, ministère de l'Intégration, identité nationale.' Ce dernier point, Gautier Béranger ne le conteste pas. En revanche, il dément avoir insulté son interlocuteur et évoque "une pure dénonciation calomnieuse".

in lejdd.fr

M. Gautier Béranger dément les faits reprochés et aurait produit des témoignages écrits confirmant sa version : celui du « supérieur hiérarchique d'origine tunisienne » (sic) de Pierre-Damien Kitenge et du « caissier, d'origine africaine » (sic), qui a servi M. Gautier Béranger. Ces témoignages sont en contradiction avec les premiers témoignages recueillis.

De son côté, le plaignant, M. Pierre-Damien Kitenge, fait état de pressions de son employeur pour qu'il retire sa plainte et pour que des employés présents au moment des faits ne témoignent pas en sa faveur.

M. Pierre-Damien Kitenge dit avoir reçu des appels anonymes de menaces et une lettre recommandée de son employeur.

patrick lozès in nouvelobs.com

En attendant, le vigile n'est pas à la fête. Il était chef de poste. Il ne l'est plus. il bossait 35h par semaine. Sur le prochain planning, ses horaires se sont "allégés". Tout comme la solidarité de son employeur.

via la canard enchaîné

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