dessillons (citations sans commentaires)

dessiller : v. tr. amener quelqu'un à voir ce qu'il ignorait ou voulait ignorer.
épatant
dessillons a un an !
5537,75 visiteurs mensuels en moyenne,
dont 9022 en avril, nous dit la machine!
merci de votre curiosité...

jeudi 20 novembre 2008

mauvais calcul

La dernière ligne de défense des avocats de la croissance économique infinie, c'est qu'elle est nécessaire pour éradiquer la pauvreté. Cet argument est au mieux hypocrite. Et après analyse il clame l'impossible.

Voici pourquoi. Durant les années 80, pour chaque 100 dollars ajoutés à la richesse économique, environ 2,2 dollars sont arrivés à ceux qui vivent sous le seuil d'extrême pauvreté de la banque mondiale. Durant les annés 90, ce montant est tombé à 60 cents. Cette inégalité dans la distribution des revenus (...) signifie que pour que les pauvres deviennent un peu moins pauvres, les riches doivent devenir énormément plus riches. Il faudrait environ 166 dollars de croissance globale pour générer 1 dollar de plus pour les populations vivant avec moins de un dollar par jour.

Et alors, pourriez-vous penser, ça vaut le coup. Mais considérez les ressources que cela demanderait(...) L'humanité sur-exploite les capacités de la biosphère chaque année depuis le milieu des années 80, et chaque année nous le faisons plus tôt. En 2008, nous avons dépasser la capacité annuelle le 23 septembre, 5 jours plus tôt que l'année précédente. Il faudrait au moins 3 planètes pour assurer nos ressources si tout le monde vivait comme les britanniques; 5 planètes si nous vivions comme les américains.

De façon perverse, selon le système économique actuel, réduire un petit peu la pauvreté nécessite une énorme augmentation de la consommation de ceux qui sont déjà riches. Hisser les plus pauvres jusqu'au niveau de 3 dollars par jour demanderait à la biosphère des ressources irréalistes équivalentes à 15 planètes. En d'autres mots, nous aurons fait de la terre une planète inhabitable longtemps avant que la pauvreté ait été éradiquée.

par Andrew Simms in le new scientist du 18 octobre 2008
traduction dessillons

lundi 17 novembre 2008

plus, partout.

La réalité, mes pauvres et chers amis, c’est qu’entre 1995 et 2007, la consommation électrique moyenne d’un téléviseur est passée de 140 kwh/an à 307 kwh/an. Cela fait 119 % de plus en douze années.

À ce rythme, calculez, je vous prie, le moment où nous considérerons avec sérieux la crise climatique.

1995, c’était deux ans avant le grand raout de Kyoto, où les démocrates américains chers au cœur de certains sabotèrent le (si) peu qui fut envisagé. 1995, c’est l’année de l’élection de notre grand écologiste intergalactique, Jacques Chirac. Deux ans avant la nomination de Jospin au poste de Premier ministre.

Et ainsi de suite, ad nauseam. L’écran à cristaux liquides (ou LCD pour liquid crystal display) est un ennemi de l’homme et même de la vie, mais il est si joli dans le salon que l’on ne va tout de même pas y renoncer. Si ? Non. « La consommation d’un téléviseur ordinaire est en moyenne de 160 kWh par an. Avec les plasma ou les dalles LCD, on grimpe à 650 kWh/an. Donc ces nouveaux téléviseurs consomment 4 fois plus » (Olivier Sidler).

via planète sans visa

Sans compter “l’énergie grise” — 200kg éq. carbone nécessaire pour la production d’un écran LCD (à multiplier par le nombre d’écrans plats en plus à mesure que croît la “richesse mondiale”), sans compter les déchets générés (en dépit de l’écotaxe recyclage de 8 centimes d’Euros censée nous donner bonne conscience), sans compter l’eau nécessaire au processus de fabrication (70000 litres ai-je lu) commentaire de Géry sur le même site

- ami lecteur, lectrice itou, as-tu une idée du nombre d'écrans qui se vendent par ici ? un indice là : encéphalogramme plat -

mardi 4 novembre 2008

ministère de la pollution

Sauver la planète finance, visiter le Québec, faire signer la paix aux Russes…, a un coût carbone. Le magazine Terra Economica a calculé le bilan carbone de l’omniprésident: en onze mois de déplacements officiels, Nicolas Sarkozy a émis 7061 tonnes équivalent CO2. A quelques kilos près, cela correspond aux émissions de CO2 de 1000 Français, affirme le mensuel.

(...) La seconde phase, ce sera le plan d’action. C’est sympa de connaître le montant de ses émissions, encore faut-il pouvoir les réduire. C’est ce que s’échigne à faire le Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire (Meeddat). Il a émis 1900 tonnes de CO2 en 2007. Les deux tiers de ces émissions proviennent des transports (environ 60%), 30% proviennent de la consommation énergétique des bâtiments parisiens, et le reliquat, environ 10%, proviennent des déchets et de diverses autres choses. Rapportées au personnel de 230 personnes, les émissions s’élèvent à 8,4 tonnes par individu. En 2005, le Français émettait en moyenne 6,84 tonnes de CO2… Le fonctionnaire du Meeddat, beaucoup plus !

via six pieds sous terre

lundi 27 octobre 2008

la terre en mode décongélation

Le WWF a publié une étude rassemblant de nouveaux éléments scientifiques. Et le constat –je parle bien de constat pas de projections futuristes-, c’est que le réchauffement climatique est plus rapide, plus fort et survient plus tôt que prévu. En anglais, ça donne: faster, stronger, sooner. Ainsi, au rythme actuel de la fonte des glaces, la disparition totale du pôle Nord surviendra entre 2013 et 2040, 30 ans plus tôt que le Giec ne l’avait prévu. Entre autres friandises prévues dans ce siècle.

"Il est clair que le changement climatique a déjà un plus gros impact que ce que la plupart des scientifiques avaient imaginé, il est donc capital que les réactions internationales pour réduire les émissions et s’adapter aux conséquences soient plus vives et plus ambitieuses", estime Pascal van Ypersele, prof de climatologie et de sciences de l’environnement à l’Université catholique de Louvain et récemment élu vice-président du Giec. "Le dernier rapport du Giec a montré que les raisons de se sentir concerné sont maintenant plus fortes, et devraient mener l’UE à plaider pour un objectif plus ambitieux que celui de maintenir l’augmentation des températures sous la barre des 2°C adopté en 1996. Mais même avec cet objectif, des réductions de l’ordre de 25 à 40% par rapport au niveau d’émissions de 1990 sont nécessaires d’ici à 2020 de la part des pays développés. Des réductions de 20% sont tout à fait insuffisantes." Elles sont probablement insuffisantes, et la sale nouvelle, c'est qu'elles risquent d'être encore minimisées par les pays membres de l'Union.

in six pieds sur terre

samedi 27 septembre 2008

à perte

Mardi 23 septembre, rien n'a changé dans le quotidien des Terriens. Pas de pénurie dans les magasins d'alimentation, pas de coupure d'eau ou d'électricité inhabituelle. Pourtant, selon l'organisation non gouvernementale canadienne Global Footprint Network, le 23 septembre, un événement important a eu lieu. C'était le "Global Overshoot Day", littéralement "le jour du dépassement global". Il signifie que, entre le 1er janvier et le 23 septembre, l'humanité a consommé les ressources que la nature peut produire en un an. A partir du 24 septembre, et jusqu'à la fin de l'année, l'humanité vit en quelque sorte au-dessus de ses moyens. Pour continuer à boire, à manger, à se chauffer, à se déplacer, elle surexploite le milieu naturel et compromet sa capacité de régénération. Elle entame donc son capital.

(...) Selon les calculs de Global Footprint Network, les besoins de l'humanité ont commencé à excéder les capacités productives de la Terre en 1986. Depuis, sous l'effet de l'augmentation de la population mondiale, la date à laquelle l'humanité a épuisé les ressources théoriquement produites en un an n'a cessé d'avancer. En 1996, notre consommation dépassait de 15 % la capacité de production du milieu naturel, et le "jour du dépassement" tombait en novembre. En 2007, c'était le 6 octobre.

Gaëlle Dupont, in le monde

jeudi 25 septembre 2008

à taaaable

Histoire chimique d’une tarte aux cerises de supermarché

I Histoire de la pâte

La farine:

Les grains de blé ont été enrobés d’un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de deux à six traitements de pesticides selon les années, un traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d’éviter la verse et une dose importante d’engrais : 240 kg d’azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l’hectare. Dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tetrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone puis arrosés au chlopyriphosmethyl. Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl puis de l’acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l’amylase.

La poudre levante:

Elle est traitée au silicate de calcium et l’amidon est blanchi au permanganate de potassium.

Les corps gras :

Ils reçoivent un antioxydant comme l’hydroxytoluêne de butyl et un émulsifiant type lécithine.

II Histoire de la crème

Les oeufs :

Ils proviennent d’un élevage industriel où les poules sont nourries aux granulés contenant des antioxydants (E300 à E311), des arômes, des émulsifiants comme l’alginate de calcium, des conservateurs comme l’acide formique, des colorants comme la capsanthéine, des agents liants comme le lignosulfate et enfin des appétants pour qu’elles puissent avaler tout ça comme le glutamate de sodium. Elles reçoivent en plus des antibiotiques et en particulier des anticoccidiens. Les œufs avant séchage reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l’acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.

Le lait :

Il provient d’un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques : des antibiotiques comme le flavophospholipol (F712) ou le monensin-sodium (F714), des antioxydants comme l’ascorbate de sodium (F301), l’alpha-tocophérol de synthèse (F307), le buthyl-hydrox-toluène (F321) ou l’ethoxyquine (E324), des émulsifiants comme l’alginate de propylène-glycol (F405) ou le polyéthylène glycol (F496), des conservateurs comme l’acide acétique, l’acide tartrique (E334), l’acide propionique (F280) et ses dérivés (F281 à E284), des composés azotés chimiques comme l’urée (F801) ou le diurédo-isobutane (F803), des agents liants comme le stéarate de sodium, des colorants comme F131 ou F142 et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout cela comme le glutamate de sodium.

Les huiles :

Elles ont été extraites par des solvants comme l’acétone puis raffinées par action de l’acide sulfurique, puis lavage à chaud, neutralisées à la lessive de soude, décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium et désodorisées à 160 0C avec du chlorure de zinc. Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.

La crème :

Une fois obtenue, elle reçoit des arômes et des stabilisants comme l’acide alginique (E400).

III Histoire des cerises

Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre dix et quarante traitements de pesticides selon les années.

Les cerises sont décolorées à l’anhydride sulfureux et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine. Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d’aluminium et à la sortie elles reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202).

Elles sont enfin enduites d’un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés, ont reçu leur dose d’engrais et de pesticides. Le sucre extrait par défécation à la chaux et à l’anhydride sulfureux puis décoloré au sulfoxylate de sodium, puis raffiné au norite et à l’alcool isopropylique. Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter bon appétit.

via Claude et Lydia Bourguignon (spéciale dédicace à David)
cités dans un commentaire de planète sans visa

jeudi 18 septembre 2008

pollueurs pollueurs

Alors qu'à Paris, on ergote sur la taxe pique-nique et autres bonus malus écologiques, la France s'apprête à torpiller une directive européenne fondamentale pour l'environnement: la directive-cadre sur la protection des sols, portée depuis 2006 par Bruxelles et adoptée en novembre 2007, en première lecture, par le Parlement européen

La proposition de texte que la France, présidente de l'Union européenne, va soumettre demain au groupe de travail qui se réunit à Bruxelles(...) est un texte vidé de sa substance et de son ambition initiales. Les Etats-membres y sont délivrés de toute contrainte, et leurs éventuelles actions en matière d'identification et de remise en état des sols pollués ou dégradés sont désormais laissées... à leur bonne volonté(...)

Par exemple, là où il était écrit: "Les Etats ont obligation de…"», le texte dit maintenant: "S’ils le jugent opportun, les Etats…"»(...)

A Bruxelles, on confie que si Angela Merkel est en proie au lobbying intensif des agriculteurs allemands qui ne veulent pas entendre parler de contrainte européenne sur leurs terres, Paris est clairement lui soumis au lobbying du Medef.

La preuve: dans un autre document qu'a pu consulter Libération, le dossier de présentation de la rencontre du conseil exécutif du Medef avec les Commissaires européens, qui s'est déroulée le 7 février dernier à Bruxelles, le Medef commente ainsi l'état du dossier «directive sur la protection des sols»:

«Grâce au lobbying intense de l’industrie (MEDEF) et de 5 pays (dont la France), aucun accord politique n’a pu être dégagé sur ce texte au Conseil. La Commission ne compte toutefois pas retirer sa proposition législative. La présidence slovène n’aurait pas l’intention d’avancer sur ce texte qui serait donc rediscuté sous la présidence française.» (...)

Selon le Bureau de recherches géologique et minières (BRGM), on recense en France environ 300.000 sites pollués. On imagine aisément l’ampleur de l’impact économique, pour les industriels, de l’application de la directive sur les sols…

in libération
et la proposition de texte

mardi 16 septembre 2008

hausse du baril de fourchettes en plastique

Quelle révolution ce Grenelle, décidément. La taxe "pique-nique"(...) pourrait voir le jour en France. le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a obtenu le feu vert de Matignon pour créer un prélèvement sur les produits jetables comme les couverts et assiettes en plastique, d'après le JDD qui cite une source proche du dossier(...)

La liste des produits concernés est l'un des secrets les mieux gardés du Grenelle, nous dit on. La révolution écologique est en marche. Pfiou, et ça fait peur. J'ironise parce qu'on va bientôt fêter le premier anniversaire du Grenelle et que le bilan fait sourire. Surtout si son symbole majeur, c'est l'interdiction de culture du MON810 et le bonus-malus automobile.

Où est la révolution écologique tant souhaitée par Nicolas Hulot? Une taxe sur les fourchettes en plastique? Sans blagues? Certains considéreront que c'est un bon début et qu'au moins, quelque chose a été fait. Je salue le courage de ces enthousiastes toujours optimistes face à l'urgence du problème. Résoudre 0,25% du problème et se rejouir. Après tout, on a interdit la culture d'un OGM en France (l'Europe vient quant à elle accepter l'importation et l'utilisation d'un soja transgénique, ça m'a l'air bien barré le moratoire sur les OGM...), imposé un malus-bonus sur les voitures, lancé en douceur le chantier colossal de la rénovation thermique, ... Puis on a laissé tomber la taxe-carbone, inenvisageable pour la plupart des industriels et politiques, foutu une paix royale au nucléaire(...), placé de jolis batons dans les pales des éoliennes, et j’en passe. Pendant qu’on claironne la victoire sur de nécessaires arbitrages, le détricotage du Grenelle se fait en silence.

in six pieds sur terre

mercredi 3 septembre 2008

malus-malus

Parlons donc chiffres : c'est très cher payé pour une réduction des émissions estimée à 8 grammes de CO2 par kilomètre (1), contre 160 g/km pour les voitures neuves en moyenne. De l'ordre de 800 euros la tonne de CO2 évitée, quand elle coûte environ 20 euros sur le marché européen.

En bon crypto-ministre de l'économie, Borloo se garde d'évoquer les raisons pe écologiques de son "succès". En effet, le bonus est attribué dès que les émissions passent sous le seuil peu exigeant de 130 g/km, quand les associations avaient souhaité qu'il soit fixé à 120 g/km. De fait, il a joué le rôle de soutien au marché, en accord avec les constructeurs français, peu incités aux effort (moyenne des véhicules neufs : 145 g/km en 2007). Il est donc question, pour éliminer cette sorte de subvention publique à la consommation et aux constructeurs d'abaisser le seuil du bonus de 5 g/km tous les deux ans, et d'annualiser le malus, surcoût qui n'est payé qu'à l'achat, rejoignant ainsi les préconisations des associations. La pression du ministre des finances (2) pourrait donc avoir quelques bénéfices... écologiques !

(1) réduction moyenne observée pour les achats de voitures neuves depuis la mise en place du "bonus-malus", ndd

(2) qui se plaint du coût du "bonus-malus", ndd

via politis

mercredi 20 août 2008

faucheurs planteurs

Jose Bové a annoncé la création d'un mouvement de "planteurs volontaires" lors de l'AG du Collectif des Faucheurs Volontaires, dimanche dernier(...) Planter quoi ? Des semences interdites de circuits commerciaux, pardi ! Ces tomates de jardin, ces haricots paysans, ces maïs de terroir qui n'ont pas accès au catalogue officiel des grands semenciers - qui privatisent le vivant - et dont on va s'échanger les graines à grande échelle !

in politis

avant ça : vivant sous contrôle (sur l'association kokopelli)

rentrée cinéma

sortie au cinéma en septembre

mardi 12 août 2008

un pas en avant, deux pas en arrière

Une fois que la nouvelle centrale thermique 'Tata Ultra Mega' sera mise en service en 2012 dans l'Ouest de l'Inde, elle deviendra l'un des 50 plus grands émetteurs de gaz à effet de serre du monde. Et la Banque Mondiale aide à rendre cela possible.

Un an après que le président de la Banque Mondiale Robert Zoellick ait plaidé pour "augmenter significativement notre aide" dans la lutte contre le réchauffement climatique, l'organisation augmente ses financements de projets à base d'énergies fossiles aux quatre coins du globe.

La centrale au charbon 'Ultra Mega', d'un coût de $4.14 milliards, émettra autant de CO2 chaque année qu'un pays comme la Tunisie, selon le U.S. Department of Energy. La Banque Mondiale a accepté en avril de financer le projet à hauteur de $450 millions en prêts et garanties, et pourrait également acheter des parts dans le projet pour $50 millions.

via algore.com, in the republican american
traduction dessillons

lundi 4 août 2008

la chine, pas à pied

Je crois, je suis même sûr que bien peu de gens réalisent si peu que ce soit l’ampleur du chaos que répand la Chine en Asie, en Afrique et même en Amérique tropicale. Prenons un exemple décrit dans le journal britannique The Daily Telegraph par son correspondant basé au Kenya, Mike Pflanz (...).

Que fichent les Chinois en (République démocratique du Congo (RDC), pays) infiniment martyrisé, où l’interminable guerre civile en cours a fait des millions de morts ? Mais des affaires, voyons, comme nous avons si mal su faire pendant le temps long où les Blancs dominaient les Noirs. Pékin a signé avec les hommes de Kinshasa un contrat qu’il n’est pas exagéré de dire diabolique. En échange de minerais, notamment du cuivre et du cobalt, des ouvriers chinois devraient reconstruire 3 300 km de routes, 8 000 km de voies de chemin de fer, édifier des barrages, bâtir 32 hôpitaux, 145 dispensaires, etc.

Je retiens l’exemple d’une route en travaux dans le sud de la RDC, qui avance à la vitesse hallucinante de 800 mètres par jour. Elle rejoindra à terme l’autoroute de 1 600 km qui mènera alors à Kisangani, sur le fleuve Congo. Sur le fleuve et au coeur même de la plus belle forêt tropicale d’Afrique. Vous imaginez les conséquences, j’imagine.

Ce big deal n’est que la partie émergée d’un iceberg que nous ne verrons jamais en totalité. Le ministre d’état l’Agriculture de la RDC a signé l’été passé un énorme contrat avec une société chinoise, ZTE International. Il s’agit de produire de l’huile de palme sur 3 millions d’hectares dans les provinces de l’Equateur et de Bandundu. L’essentiel sera destiné bien entendu à la production de biocarburants. Trois millions d’hectares d’un coup !

(...) La Chine dévore la forêt du Cambodge, qui aurait perdu 30 % de sa surface entre 2000 et 2005.

(...) Au moment où vont débuter les JO de la honte, pensez à cela. À cela, dont on parlera si peu. À cela, qui décidera évidemment de la suite et du reste. La Chine est la grande plaie ouverte du réel.

via planète sans visa

samedi 2 août 2008

coût

Non seulement une route doit être construite, mais elle doit aussi être régulièrement rénovée et reconstruite en cas de besoin, ce qui signifie qu'aucune route n'est jamais vraiment "payée." (…) L'indice de Valeur d'Actifs (Asset Value Index) a été conçu pour comparer sur un cycle de vie de 40 ans la totalité du coût et des recettes imputables à une portion de route. La version simplifiée calcule la quantité d'essence consommée sur une chaussée et les recettes générées par les taxes sur l'essence. (…) L'application de cette méthode a révélé qu'aucune route ne s'auto-paie sur ces taxes.

Par exemple, à Houston, les 15 kilomètres de la portion SH 99 qui lie la I-10 à la US 290 coûtera 1 milliard de $ pour sa construction et son entretien sur sa durée de vie, en générant suelement 162 millions $ en taxes sur l'essence. Cela donne un ratio de .16, ce qui signifie que le véritable taux de taxe sur l'essence que les personnes auraient besoin de payer sur ce segment de route pour la rembourser complètement serait de $ 2,22 par gallon (actuellement : 18,4 cents par gallon, ndd).

via sex arts and politics
traduction dessillons

jeudi 24 juillet 2008

un grand bol de nucléaire

C'est étrange ce truc qui flotte dans l'air... Le nucléaire français n'a plus l'air si sûr que ça tout d'un coup. Le site nucléaire du Tricastin fait encore parler de lui. Et cette fois-ci, cela se passe à la centrale. Ce matin (23 juillet), vers 9h30, une opération de maintenance réalisée sur le réacteur 4 de la centrale du Tricastin (Drôme) a nécessité l'ouverture d'un tuyau. Or, des substances radioactives, de la poussière nous dit-on, se sont échappées dudit tuyau, contaminant près de 100 salariés sur le site.

La contamination est légère, a-t-on indiqué à la centrale. L'incident a été classé 0 (mais par EDF, hein, pas encore par l'Autorité de sûreté nucléaire). Ca va très vite désormais dans le monde du nucléaire, industrie qui, comme toutes les autres, apprend de ses erreurs. Voilà donc une loi des séries assez impressionnante. Ou alors, c'est business as usual, sauf que maintenant, tout le monde fourre son nez dans le moindre incident atomique... Comme je l'écrivais dans un précédent article, un incident nucléaire survient tous les trois jours en France. Jusqu'à présent, tout le monde s'en foutait. Depuis l'incident Socatri -je vous rappelle qu'il s'agissait de 74 kilos d'uranium largués dans l'environnement-, les journalistes sont en effervescence et les exploitants, qu'il s'agisse d'EDF ou d'Areva, sur les dents. Sur le fil des dépêches AFP, dès que le mot "nucléaire" figure en tête, tout le monde se rue sur l'info. J'ai l'impression -mais à confirmer avec le temps- que le monde de l'atome va devoir composer avec des petites brèves, infos, flashs, ..., qui relayeront sans cesse les incidents. Même les plus bénins.

Ceci dit, c'est le cadet de nos soucis. Ce qui importe, c'est de savoir si on peut à nouveau débattre de la question nucléaire en France. Et de la sûreté de cette industrie. Pour info, 15 salariés intérimaires ont été contaminés à Saint-Alban (Isère), la semaine dernière, l'usine Socatri a déversé de l'uranium dans la Gaffière, puis le Rhône, à Romans-sur-Isère, un tuyau percé a provoqué "l'épanchement" d'un peu d'uranium... Ca commence à faire pas très sérieux tout ça.

in six pieds sur terre

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