lundi 21 avril 2008
l'afrique dans le coton
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Le planteur de coton du Burkina Faso vit dans un pays dont le revenu annuel moyen est à peine supérieur à 250 dollars. Il gagne péniblement sa vie sur de petits arpents semi-arides. Il n’y a aucune irrigation et il est trop pauvre pour se payer des engrais, un tracteur, des semences de bonne qualité.
Le planteur de coton californien, lui cultive une immense exploitation de plusieurs centaines d’hectares à l’aide de toute la technologie agricole moderne : tracteurs, semences de haute qualité, engrais, herbicides, insecticides. La différence la plus frappante est dans l’irrigation, et l’eau qu’il utilise à cette fin est fortement subventionnée. Il la paie à bien meilleur prix qu’il ne le ferait sur un marché concurrentiel.
Mais malgré cette eau subventionnée, malgré tous les autres avantages, l’agriculteur californien ne pourrait pas être concurrentiel sur un marché mondial juste ; il lui faut recevoir en plus des aides directes de l’Etat assurant la moitié de son revenu ou davantage. Sans elle produire du coton aux Etats-Unis ne serait pas rentable ; avec elles les Etats-Unis sont le premier exportateur mondial. Vingt cinq mille planteurs de coton américains trés riches se partagent 3 ou 4 milliards de dollars de subventions qui les incitent à produire encore plus.
La hausse de l’offre provoque naturellement une baisse des prix mondiaux, subie par 10 millions d’agriculteurs au Burkina Faso et dans d’autres pays d’Afrique. Dans des marchés intégrés au niveau mondial les prix internationaux influent sur les prix intérieurs.
Lorsque les prix agricoles mondiaux sont tirés vers le bas par les énormes interventions américaines et européennes, les prix agricole intérieurs baissent aussi, si bien que tous les agriculteurs sont touchés, même ceux qui n’exportent pas et vendent uniquement sur leur propre marché. Et la baisse des revenus des agriculteurs entraîne une baisse des revenus chez tous ceux qui vendent aux agriculteurs : les tailleurs et les bouchers, les boutiquiers et les coiffeurs. Tout le monde souffre dans le pays.
Ces subventions n’avaient peut-être pas pour but de faire tant de mal à tant de gens mais c’était leur conséquence prévisible.
in Un autre monde contre le fanatisme du marché de Joseph Stiglitz
Officiellement, (les personnes ne mangeant pas à leur faim) sont 854 millions.
Selon une étude récente de la Banque mondiale, à chaque fois que le baril augmente de 10 dollars, cela inflige une baisse de 1,5 % au produit intérieur brut des pays les plus pauvres de la planète(...)