dessillons (citations sans commentaires)

dessiller : v. tr. amener quelqu'un à voir ce qu'il ignorait ou voulait ignorer.
épatant
dessillons a un an !
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dont 9022 en avril, nous dit la machine!
merci de votre curiosité...

mercredi 8 octobre 2008

à la guerre comme à la guerre

Un bataillon de 24 soldats néerlandais a été placé en «service non actif» en Afghanistan pour refus d’obéir aux ordres. Une mesure disciplinaire «exceptionnelle», selon l’un des syndicats de l’armée, la Fédération générale des personnels militaires (AFMP). Les soldats ont refusé de faire une patrouille de reconnaissance la semaine dernière, vraisemblablement à cause du manque de véhicules blindés. Le surmenage a aussi été évoqué par les recrues néerlandaises, qui font partie des 1 700 soldats envoyés dans la province afghane de l’Uruzgan, dans le cadre d’une mission militaire de l’Otan forte de 43 000 hommes.

Une enquête de la police militaire est en cours. Elle pourrait déboucher sur un rapatriement et un jugement des soldats en cour martiale. Eimert van Middelkoop, le ministre de la Défense, ne veut pas parler de «mutinerie», ni faire le moindre commentaire avant la fin de l’enquête. Le commandant du bataillon rebelle a signalé que ses hommes rechignaient tellement qu’il était devenu impossible de les déployer sur le terrain.

(...) D’autre part, le moral des troupes est tombé à zéro le 24 septembre, lorsque Eimert van Middelkoop a avoué au magazine Vrij Nederland ne pas avoir fait son service militaire et s’en être « réjoui ». Le ministre de la Défense a par ailleurs admis ne pas connaître tous les grades de l’armée et laissé entendre qu’il ne souhaitait pas non plus les apprendre.

via bellaciao

mardi 7 octobre 2008

parlons expulsions, parlons bizness, parlons argent

Officiellement, donc, si l'on s'en tient au budget 2008 (...) le volet "police des étrangers et sûreté des transports internationaux" perçoit 760 millions d'euros.

(...) Estimons que les 2/3 de ce budget sont consacrés à la politique d'éloignement : (...) à minima 580 millions d'euros. Ce qui revient, si l'on s'en tient aux 25 000 expulsions annoncées, à la modique somme de 23 200 euros par expulsion.

A ce calcul, on peut ajouter de nombreux éléments quantifiables, (...) investissements pour augmenter les CRA, (...) tripotées de flics tapis dans l'ombre, (...) gardes à vues avec traducteurs, (...) transferts administratifs escortés, (...) prestations hôtelières pour les (policiers) accompagnants (aux frontières), prix des rétentions inutiles, (...) contentieux judiciaires, (...) affrètements spéciaux d'avions militaires, ...

"L'estimation haute de du prix de la politique d'expulsion, affirme Damien de Blic, ses calculs détaillés sous les yeux, atteint facilement le milliard d'euros." Soit le montant de l'enveloppe prévue cette année pour la rénovation de 800 000 logements sociaux et pour les communes les plus pauvres.

Bref, on peut se faire une idée de ce que le contribuable a perdu en foutant dehors des gens qui, pour la plupart, retenteront leur chance. En revanche, on ne sait pas ce que le citoyen aurait gagné s'ils étaient restés...

via agathe andré dans charlie hebdo

voir également un article complet sur la question par damien de blic, dont nous parlions ici même (c'est pas pour faire les malins, mais c'était il y a déjà plus d'un an !) dans un coût chasse l'autre.

tous égaux - sauf les plus égaux, donc.

1 000 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros profiteront chacun d’une baisse d’impôt sur le revenu de 270 000 euros grâce au nouveau "bouclier fiscal". (...) Coût total de cette mesure pour le contribuable : 810 millions d’euros.

D’après les estimations de l’Assemblée nationale, 234 000 contribuables vont bénéficier des 810 millions d’euros (...).

18 000 foyers au revenu annuel supérieur à 41 000 euros vont toucher 31 200 euros de ristourne en moyenne par foyer. Pour eux seuls, le coût pour la collectivité est de 564 millions d’euros au total. Pour les plus gros patrimoines, c’est une vraie aubaine. Ainsi, 1 080 foyers au patrimoine supérieur à 15,5 millions d’euros toucheront plus de 270 000 euros. La collectivité va dépenser 272 millions d’euros pour eux.

On peut tirer plusieurs enseignements de ces données :

- La question des impôts payés par les couches de la population les moins aisées n’est en rien résolue. Hors impôts indirects (comme la TVA), il s’agit principalement d’impôts forfaitaires comme la redevance audiovisuelle ou la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (1), et des impôts locaux dont les bases de calcul - la valeur des biens immobiliers - datent des années 60.

(...)

- Lors de la présentation du texte, la ministre de l’économie a reconnu à l’Assemblée nationale la véritable portée du texte : "On entend souvent dire que cette mesure (le bouclier fiscal, ndlr) ne concernerait que la partie la plus riche de la population, mais n’est-ce pas celle qui fait tourner l’économie ?", a-t-elle déclaré. Il faut aider les plus riches parce qu’ils créent la valeur. Les salariés les moins qualifiés qui travaillent souvent dans les conditions les plus pénibles pour les plus bas salaires apprécieront d’apprendre leur faible apport à l’économie.

via observatoire des inégalités

dimanche 5 octobre 2008

dessillons, le meilleur du 21 septembre au 05 octobre 2008

  • blanc benet et bonnet noir : de l'autre côté de la grande mer, vous n'ignorez pas que deux gars s'affrontent pour devenir chef du monde - eh bien figurez-vous qu'ils sont trois en vrai, et voilà en vidéo le point de vue du petit poucet, ralph nader.
  • une ordure à ne pas ménager ? : ah oui mais vous comprenez, les Roms, les déchets nucléaires, les logements sociaux, c'est tout pareil, et bien du souci ma bonne dame, nous informe le sénateur (UMP, curieusement) Philippe Leroy.
  • la maison brûlerait-elle ? impossible, on ne regarderait que ça... : le GCP prétend que « depuis 2000, les émissions (de gaz à effet de serre) ont crû en moyenne de 3,5% par an, soit quatre fois plus vite qu’entre 1990 et 2000, où cette augmentation annuelle n’avait été que de 0,9% environ », alors que le GIEC table sur 2,9...
  • devine d'où je t'appelle ? : ah ben pas d'ici, il n'y a plus d'antenne télécom sur le toit de l'immeuble - la faute à d'obscurs antiprogressistes procéduriers.
  • à perte : vous faisiez quoi le 23 dernier ? vous finissiez votre pain blanc - depuis, l'humanité (enfin surtout nous, au nord, me semble-t-il) vit au delà de l'empreinte écologique supportable annuellement par la planète.
  • Revenu Maximum d'Initié : la solution à la crise pour nos compatriotes traders installés chez les grands bretons ? une journée avec un biberon au lieu du Blackberry dans les mains...
  • à taaable : ami du bio, oyez l'histoire cerise d’une tarte aux chimiques de supermarché (les dyslexiques s'amusent psul).
  • pour faire court : court on dit, donc pas de petite phrase - cliquez sur le lien, c'est à propos de la santé financière mondiale...
  • la cimade faisait trop de bruit : alors le gouvernement a choisi de diviser, pour mieux régner comme il se doit (mais on aprend ce jour que la cimade s'accroche, et insiste en restant dans les centres).

et toujours rien sur le présipôt, mais nous avons en stock un billet intitulé * une carotte pour vichy (hu hu, que d'humour dans ce titre), qui relaye cette fine pensée hortefeusienne parlant du gouvernement de vichy : "honnêtement, on en a ras le bol de cette histoire du passé".

dessillons

blanc benet et bonnet noir



spot de campagne ralph nader, comparant les positions de mc cain et obama...
via littlehorn sur dailymotion

samedi 4 octobre 2008

une carotte pour vichy

« Honnêtement, on en a ras le bol de cette histoire du passé », par ces mots, Brice Hortefeux expliquait le 28 juin dernier lors d’un meeting sur l’Europe sa décision d’organiser un sommet de l’Intégration à Vichy les 3-4 novembre prochain. Il s’agirait d’en finir avec l’opprobre qui pèse sur la ville depuis un demi-siècle. Le débat déjà ancien sur l’amalgame entre le nom d’une ville et la désignation de l’Etat français dirigé par le Maréchal Pétain rebat alors son plein. Une proposition de loi avait d’ailleurs déjà été déposée par le député Gérard Charasse le 26 mars 2003 visant à « substituer, dans les communications publiques invoquant la période de l’État français, aux références à la ville de Vichy, l’appellation « dictature de Pétain ».

L’idée est donc claire : la ville souffrant de son involontaire fusion terminologique avec l’une des périodes les plus sombres de l’histoire de France, rebaptiser la période vichyste permettrait de s’alléger de ce lourd fardeau. (...) En insistant au contraire sur « la dictature de Pétain », on vient substituer une dimension personnalisée à une réalité plurielle : Laval n’était pas Pétain, Darlan n’était pas Laval etc… Ce faisant, on retrouve entre les lignes le discours des tenants de la version gaullienne du régime de Vichy qui partage la France entre traîtres et patriotes et vise à déconnecter ce moment historique de la continuité de l’Etat français. Rappelons au passage que, dans son discours de 1995, Le président Chirac affirmait la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs de France, et qu’aucune lecture sérieuse de cette histoire ne peut prétendre revenir sur ce point. Pourtant, en mai dernier à Ouistreham, Nicolas Sarkozy, dans son discours, réitérait cette vision éculée en affirmant que « la vraie France n’était pas à Vichy », et que « La vraie France, la France éternelle, elle avait la voix du général de Gaulle, elle avait le visage des résistants ».

Dans ce contexte, la décision de Brice Hortefeux ne peut que nous alerter. Que ce ministre, élu de la région Auvergne, se targue d’en attendre un retournement symbolique de l’image de Vichy ne doit pas masquer le cynisme qui consiste à proposer un sommet européen de l’« Intégration » sur le lieu même d’un régime qui s’est illustré par sa politique discriminatoire et criminelle à l’égard des étrangers. Les lois antisémites d’Octobre 1940 restent, en outre, une marque indélébile, non de la ville, mais de la prise en charge de l’antisémitisme par l’Etat français replié à Vichy.

via le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire
incroyable ? alors voyez la vidéo ici

jeudi 2 octobre 2008

une ordure à ne pas ménager ?



"On est embêtés aussi avec les populations de Gitans, personne n'en veut (...) Nous avons à accueillir, sur nos territoires, des populations difficiles, des logements sociaux, les déchets nucléaires..." Philippe Leroy, sénateur UMP et président du Conseil général de la Moselle, justifiant l'enfouissement des déchets nucléaires dans sa région.
via France 3, cité par rue 89

la maison brûlerait-elle ? impossible, on ne regarderait que ça...

Selon Corinne Le Quéré (université d’East Anglia et British Antarctic Survey), membre du Global Carbon Project (GCP), « depuis 2000, les émissions (de gaz à effet de serre) ont crû en moyenne de 3,5% par an, soit quatre fois plus vite qu’entre 1990 et 2000, où cette augmentation annuelle n’avait été que de 0,9% environ ».

Dans l’absolu, c’est dingue, mais relativement aux prévisions du Giec, c’est encore pire. Le Giec est cette Internationale scientifique qui, dans le cadre de l’ONU, cherche à modéliser l’évolution du climat planétaire. Le Giec est le modeste phare dont nous disposons pour éclairer les ténèbres de l’avenir. Eh bien, les pires prévisions du Giec sont actuellement fondées sur une augmentation moyenne annuelle des émissions de gaz de 2,7 %. Et nous en sommes à 3,5 %. Les pires prévisions, je me permets d’insister lourdement.

(...) La leçon est simple : rien n’a bougé en vingt ans. Car il y a vingt ans que l’alerte mondiale a été lancée, notamment par la revue scientifique Nature. Car il y a dix ans qu’a eu lieu la funeste conférence mondiale de Kyoto, d’où sont sortis des voeux pieux, et des engagements ridicules. Or, même cela ne sera pas atteint en 2012, au moment du bilan du fameux Protocole dit de Kyoto.

Pensez une seconde à toutes ces informations bidon publiées ici ou là. Pensez à ces envolées du haut des tribunes. À ces dizaines de conférences ronflantes, rutilantes et sublimes. À ces milliers de discours. À tous ces misérables Grenelle de l’Environnement, quel que soit le nom qu’on leur donne et donnera. Pensez à ces entreprises, transnationales ou non, qui font semblant d’agir, aidées par des journaux devenus sans morale, et sans objet, mais surchargés de publicité à la gloire du néant. Pensez que 90 % des « nouvelles » circulant dans un pays comme le nôtre concernent l’âge du capitaine et de Johnny Halliday. Les affres de PPDA et cette grossesse de Carla Bruni, qui se fait attendre. Le mariage de la Princesse, suivi de son divorce, puis de sa tentative de suicide. En conscience, en toute certitude, nous avons ouvert ensemble une boîte de Pandore aux dimensions sans précédent.

via fabrice nicolino

mercredi 1 octobre 2008

devine d'où je t'appelle ?

Le tribunal de Nanterre a ordonné, "pour la première fois" en France, le démontage d'une antenne relais de téléphonie mobile au nom du principe de précaution, estimant qu'il y avait un risque potentiel sur la santé des riverains. Une décision qui pourrait faire jurisprudence.

(...)Dans ce jugement, rendu le 18 septembre, l'opérateur de téléphonie mobile a été condamné au nom du "principe de précaution". Il devra, en outre, verser 3.000 euros à chacun des trois couples, riverains de l'antenne incriminée, pour "exposition à risque sanitaire", a annoncé Me Richard Forget.

(...) Associations et riverains engagés contre les opérateurs de téléphonie mobile demandent à l'Etat de modifier les normes de puissance d'émission des antennes relais. Plusieurs études scientifiques ont démontré que les normes actuelles ne protègent que partiellement des effets des ondes électromagnétiques, dont les seuils sont pourtant réglementés.

Le 17 septembre, une autre plainte, la première au pénal, a été déposée par une famille des Yvelines contre Bouygues Telecom "pour administration de substance nuisible".

via nouvelobs.com, avec AFP

mardi 30 septembre 2008

élections en novembre, profits en septembre

Allons droit au but. Le plus grand cambriolage de l'histoire des Etats-Unis est en train de se produire au moment même où vous lisez ceci. Bien qu'aucune arme ne soit utilisée, 300 millions d'otages ont été fait. Ne vous méprenez pas sur ce qui se passe : après avoir volé 500 milliards de dollars pour remplir les poches de ses soutiens à une guerre qui leur a beaucoup profité(...) Bush et sa bande dépouillent le trésor américain des derniers dollars qu'ils peuvent encore récupérer(...)

Quoiqu'ils disent, quelque soient les mots effrayants qu'ils emploient, ils utilisent encore les mêmes vieux trucs pour créer peur et confusion afin qu'eux-même et les 1% les plus riches demeurent riches. Lisez donc les 4 premiers paragraphes de la une du New-York Times de lundi dernier, et vous comprendrez quel est le vrai deal:

"A peine les politiques avaient commencé à travailler sur les détails d'une caution de $700 milliards à l'industrie financière, que Wall Street étudiait déjà comment en profiter au mieux.

Les firmes financières ont fait du lobbying pour que tous les investissements un peu douteux soient couverts, pas seulement ceux liés aux emprunts immobiliers.

Mais en même temps, ces mêmes firmes manoeuvraient pour couvrir (=garantir - ndd) tous les actifs que le Trésor américain prévoyait de rayer des livres des institutions financières, une position qui pourrait leur faire gagner des centaines de millions de dollars par an.

Personne ne veut être laissé à l'écart de la proposition du Trésor de racheter les mauvais actifs financiers."

Incroyable. Wall Street et ses supporters ont créé ce bordel et maintenant ils vont écumer comme des bandits.

in michaelmoore.com - traduction dessillons
et nytimes.com

samedi 27 septembre 2008

à perte

Mardi 23 septembre, rien n'a changé dans le quotidien des Terriens. Pas de pénurie dans les magasins d'alimentation, pas de coupure d'eau ou d'électricité inhabituelle. Pourtant, selon l'organisation non gouvernementale canadienne Global Footprint Network, le 23 septembre, un événement important a eu lieu. C'était le "Global Overshoot Day", littéralement "le jour du dépassement global". Il signifie que, entre le 1er janvier et le 23 septembre, l'humanité a consommé les ressources que la nature peut produire en un an. A partir du 24 septembre, et jusqu'à la fin de l'année, l'humanité vit en quelque sorte au-dessus de ses moyens. Pour continuer à boire, à manger, à se chauffer, à se déplacer, elle surexploite le milieu naturel et compromet sa capacité de régénération. Elle entame donc son capital.

(...) Selon les calculs de Global Footprint Network, les besoins de l'humanité ont commencé à excéder les capacités productives de la Terre en 1986. Depuis, sous l'effet de l'augmentation de la population mondiale, la date à laquelle l'humanité a épuisé les ressources théoriquement produites en un an n'a cessé d'avancer. En 1996, notre consommation dépassait de 15 % la capacité de production du milieu naturel, et le "jour du dépassement" tombait en novembre. En 2007, c'était le 6 octobre.

Gaëlle Dupont, in le monde

vendredi 26 septembre 2008

dépression, nourriture et surconsommation sont dans un bateau

5,5 millions de Français auraient connu un EDM (épisode dépressif majeur) au cours de l’année 2008, soit la bagatelle de 8 % de la population ! (...) L’étude porte sur les Français de 15 à 75 ans. Pourquoi pas avant ? Pourquoi pas au-delà ? C’est comme ça. Disons 8 %, sachant que d’autres travaux montrent des chiffres plus bas. Mais aussi, si l’on tente de cerner le nombre de « subsyndromiques » (ici), qui ne réunissent qu’une partie des symptômes de l’EDM, on arrive au pourcentage affolant de 19 % de la population française. Atteinte chaque année de tout ou partie d’un EDM. Lequel s’appelle apparemment, aussi, « symptôme de la tristesse ». Je ne vous fais pas de dessin, c’est inutile, on imagine.

Mon arbitraire bien connu me conduit droit à une autre étude, de l’Insee celle-là. (...) Une enquête toute récente montre en effet que de 1960 à 2006, la part des dépenses consacrée à la bouffe - à domicile - est passée de 25 % du budget total à 12 %. Une division par deux, en 45 ans seulement. Encore plus spectaculaire : le repas, en dehors du dessert, ne représente plus que 6 % du budget en 2006. Le reste, ce reste gigantesque qui se chiffre en dizaines de milliards d’euros, va aux produits sucrés, dont les crèmes, yaourts et autres gâteaux fatalement industriels.

Vous n’échapperez pas à mes commentaires. Et d’un, la multiplication des objets matériels les plus débiles qui soient n’a pas rendu nos contemporains heureux. Se battre pour le téléphone portable n’a pas réglé la question. Ni l’achat de cette si belle voiture dotée de la clim et du GPS. Ni celui de la télé à écran plasma. Ni le crédit pour le canapé en cuir fauve. Ni rien. J’ai comme le pressentiment que nos frères humains d’il y a un demi-siècle souffraient moins d’EDM. Mais je n’ai pas de preuve, certes. Quoi qu’il en soit, la profusion matérielle paraît avoir de sérieux effets collatéraux, comme on dit dans ces guerres modernes où seuls les civils partent au cimetière.

(...) Le malheur social, évident, c’est que l’entreprise industrielle qui domine le monde vide le porte-monnaie de tous pour disperser jusqu’au lieu le plus reculé ses maudites productions. Faites donc la liste de tous les objets inconnus avant 1960 qui se trouvent en ce moment chez vous. Et essayez donc d’évaluer leur coût. Et leurs conséquences psychiques sur la vie de chaque jour, y compris familiale. Tentez l’expérience, vous risquez de vous étonner vous-même.

via fabrice nicolino
(ndd : discutable, on sait - réac, on voit - cependant...)

jeudi 25 septembre 2008

Revenu Maximum d'Initiés

Les Frenchies de la City n'ont jamais de mots assez durs pour critiquer les largesses sociales de l'Hexagone. Quand la crise survient, ils changent brutalement d'avis. (...) Heureusement que la France, bonne fille, est là pour tendre la main aux laissés-pour-compte de la City qui s'arrangent pour réintégrer le régime français d'assurance-chômage, auquel ils n'ont pourtant jamais cotisé.

Comment ? Pour accéder au statut très envié de chômeur en France payé sur la base de sa rémunération de trader anglo-saxon (hors bonus), il faut - subtilité importante - avoir retravaillé plus d'un jour et moins d'un mois en France. « Surtout pas davantage, met en garde un conseiller des Assedic, sinon l'allocation ne sera plus calculée sur la base du salaire anglais, mais sur celle de la nouvelle paie française. »

Les traders, qui connaissent la combine, optent le plus souvent pour un petit job au McDo ou dans une agence d'intérim. « Le conseiller m'a assuré qu'un simple Chèque Emploi-Service suffit », raconte Matthieu, ancien structureur pour une banque anglo-saxonne à Londres, qui envisage du coup de faire une journée de baby-sitting. Huit heures avec un biberon au lieu du Blackberry dans les mains, et c'est le jackpot ! Car les Assedic vous versent alors pendant vingt-trois mois l'équivalent de 57,4 % du salaire que vous auriez touché en France pour le job que vous exerciez à l'étranger.

Quand on sait que le « petit trader » Jérôme Kerviel touchait déjà 100 000 euros par an de salaire hors bonus, on imagine ce que les Assedic retiennent comme base de calcul pour un cador de la City. Heureusement, le système est plafonné, et même une vedette de chez Goldman Sachs n'empochera « que » 57,4 % de « quatre fois le montant du plafond de la Sécurité sociale », soit 6 366,80 euros mensuels. « Juste de quoi payer mes billets d'avion et mes factures de téléphone », calcule Matthieu (...).

via le point

à taaaable

Histoire chimique d’une tarte aux cerises de supermarché

I Histoire de la pâte

La farine:

Les grains de blé ont été enrobés d’un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de deux à six traitements de pesticides selon les années, un traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d’éviter la verse et une dose importante d’engrais : 240 kg d’azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l’hectare. Dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tetrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone puis arrosés au chlopyriphosmethyl. Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl puis de l’acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l’amylase.

La poudre levante:

Elle est traitée au silicate de calcium et l’amidon est blanchi au permanganate de potassium.

Les corps gras :

Ils reçoivent un antioxydant comme l’hydroxytoluêne de butyl et un émulsifiant type lécithine.

II Histoire de la crème

Les oeufs :

Ils proviennent d’un élevage industriel où les poules sont nourries aux granulés contenant des antioxydants (E300 à E311), des arômes, des émulsifiants comme l’alginate de calcium, des conservateurs comme l’acide formique, des colorants comme la capsanthéine, des agents liants comme le lignosulfate et enfin des appétants pour qu’elles puissent avaler tout ça comme le glutamate de sodium. Elles reçoivent en plus des antibiotiques et en particulier des anticoccidiens. Les œufs avant séchage reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l’acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.

Le lait :

Il provient d’un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques : des antibiotiques comme le flavophospholipol (F712) ou le monensin-sodium (F714), des antioxydants comme l’ascorbate de sodium (F301), l’alpha-tocophérol de synthèse (F307), le buthyl-hydrox-toluène (F321) ou l’ethoxyquine (E324), des émulsifiants comme l’alginate de propylène-glycol (F405) ou le polyéthylène glycol (F496), des conservateurs comme l’acide acétique, l’acide tartrique (E334), l’acide propionique (F280) et ses dérivés (F281 à E284), des composés azotés chimiques comme l’urée (F801) ou le diurédo-isobutane (F803), des agents liants comme le stéarate de sodium, des colorants comme F131 ou F142 et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout cela comme le glutamate de sodium.

Les huiles :

Elles ont été extraites par des solvants comme l’acétone puis raffinées par action de l’acide sulfurique, puis lavage à chaud, neutralisées à la lessive de soude, décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium et désodorisées à 160 0C avec du chlorure de zinc. Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.

La crème :

Une fois obtenue, elle reçoit des arômes et des stabilisants comme l’acide alginique (E400).

III Histoire des cerises

Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre dix et quarante traitements de pesticides selon les années.

Les cerises sont décolorées à l’anhydride sulfureux et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine. Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d’aluminium et à la sortie elles reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202).

Elles sont enfin enduites d’un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés, ont reçu leur dose d’engrais et de pesticides. Le sucre extrait par défécation à la chaux et à l’anhydride sulfureux puis décoloré au sulfoxylate de sodium, puis raffiné au norite et à l’alcool isopropylique. Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter bon appétit.

via Claude et Lydia Bourguignon (spéciale dédicace à David)
cités dans un commentaire de planète sans visa

mercredi 24 septembre 2008

pour faire court

En résumé : de la même façon que la misère du monde n’est aucunement la preuve que Dieu est un conte pour opiomane crétin, la crise de ces derniers jours ne doit pas - ne doit surtout pas - remettre en cause le sacro-saint dogme concurrentiel des libéraux qui étendent sur nos vies leur emprise.

via vive le feu

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