dessillons (citations sans commentaires)

dessiller : v. tr. amener quelqu'un à voir ce qu'il ignorait ou voulait ignorer.
épatant
dessillons a un an !
5537,75 visiteurs mensuels en moyenne,
dont 9022 en avril, nous dit la machine!
merci de votre curiosité...

samedi 12 juillet 2008

robin des bois

Samedi 5 juillet, le site du journal Le Figaro publie un tableau (pdf) sur le bouclier fiscal mis en place par le gouvernement.

Quand on lit ce tableau, on peut répondre à la question : à qui l’Etat a-t-il reversé de l’argent ?

(...) 479 Français ont un revenu fiscal de référence supérieur à 41 982 euros, et ils ont un patrimoine supérieur à 15 530 000 euros. Vous imaginez ?

Qu’a fait l’Etat ?

Réponse : l’Etat leur a reversé la somme ahurissante de 117 795 126 euros !

En moyenne, l’Etat leur a reversé 245 918 euros !

En clair : les contribuables Français ont reversé à 479 millionnaires 245 918 euros par personne !

in le grand soir

vendredi 11 juillet 2008

junk poésie



Nuage vert, installation réalisée à Helsinki en Finlande

Nuage vert consiste en la représentation, la matérialisation du taux d’utilisation de la centrale électrique locale. Un laser, couplé à une caméra thermo-optique redessine en permanence le nuage qui se forme sur les cheminées. La taille du nuage est fonction du taux de rendement de la centrale, moins la consommation est importante plus le nuage est important.

via archiact

jeudi 10 juillet 2008

mais d'où sort cet homme ?


C'est étonnant, mais le discours est absent du site Internet de l'Elysée. Il s'agit pourtant d'un discours officiel du Président de la République, en présence des cadres de l'UMP, de José Manuel Barroso, président de la commission européenne et Hans-Gert Pöttering, président du parlement européen. Par contre, sur ce site présidentiel, on trouve toutes sortes de trésors, comme cette interview au Figaro datée du 7 juin 2007 où il déclare : "Le président de la République ne peut être l'homme d'un parti ou d'un clan". "Le président de la République ne peut pas être membre d'un parti politique" insiste-t-il quelques phrases plus loin, en faisant valoir les "droits de l'opposition qui doit enfin avoir un statut". A une autre occasion, il vante devant sa majorité ses qualités présidentielles : "je n'ai plus le droit de raisonner comme un chef de Parti, je dois raisonner comme un Président de la République à la hauteur de ses responsabilités". C'est clair.

(...)"La France a besoin de l'Europe et l'Europe a beaucoup apporté à notre pays. Imaginons un peu ce qu'il serait advenu de la France et de son débat politique, lorsque nous avions des ministres communistes et des dirigeants socialistes au gouvernement de la France. Heureusement qu'il y avait l'Europe pour empêcher ceux-ci d'aller jusqu'au bout de leur idéologie et de leur logique. C'est aussi cela l'Europe".

 discours de Nicolas Sarkozy, à l'occasion du Conseil national de l'UMP du 5 juillet
via les mots ont un sens

mardi 8 juillet 2008

allez on oublie la politique 2 secondes avec une petite pause musicale...

Ministerium für Staatssicherheit

Communiqué de presse du Syndicat de la Magistrature

« La vie des autres » avec EDVIGE

Un décret publié le 1er juillet 2008 au Journal officiel institue un nouveau fichier dénommé EDVIGE, organisant le fichage généralisé et systématique de « toutes personnes âgée de 13 ans et plus » « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». En clair, tous les citoyens ayant un jour souhaité s’investir pour leur cité.

Il est également prévu de ficher tout individu, groupe ou organisation dont l’activité est susceptible de troubler l’ordre public et de permettre aux services de police d’effectuer des enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois ou à certaines missions, sur la base des éléments figurant dans le fichier EDVIGE.

L’enregistrement des données à caractère personnel n’a aucune limite, ni dans le temps ni dans son contenu, puisque pourront être répertoriées toutes les informations relatives aux fréquentations, au comportement, aux déplacements, à l’appartenance ethnique, à la vie sexuelle, aux opinions politiques, philosophiques et religieuses, au patrimoine, au véhicule etc….

Si le décret du 14 octobre 1991 permettait déjà aux Renseignements Généraux de récolter et détenir des informations sur les personnes majeures impliquées dans le débat public, EDVIGE étend considérablement le champ des données collectables, comme les motifs justifiant le fichage.

En effet, il s’agit aujourd’hui d’informer le gouvernement sur des individus engagés et non plus de lui permettre d’apprécier une situation politique économique ou sociale.

Malgré les recommandations du Conseil de l’Europe et les nombreuses réserves de la CNIL concernant ce fichier, le gouvernement fait le choix d’adopter un mode de recensement des populations particulièrement attentatoire aux libertés et au respect de la vie privée.

De même que la rétention de sûreté a vocation à prévenir d’un crime hypothétique, EDVIGE pourra avoir vocation à se prémunir contre toute forme d’opposition.

En effet, comment ne pas rapprocher EDVIGE (on s’interrogera au passage sur le choix d’un prénom féminin) d’un contexte autoritaire plus global qui remet en cause l’indépendance des médias, comme celle de la Justice, et qui mène une lutte permanente contre les acteurs du mouvement social ?

Cette dimension nouvelle du fichage politique introduit, au prétexte toujours bien commode de l’ordre public, un moyen puissant de dissuasion de toute forme de contestation ou d’opposition citoyenne. Le Syndicat de la magistrature appelle à la mobilisation contre la mise en place de ce fichier d’inspiration anti-démocratique et examinera toute forme d’action juridique pour empêcher sa mise en oeuvre

Paris, le 2 juillet 2008

in syndicat-magistrature.org
via sébastien fontenelle
et texte du décret instituant EDVIGE

samedi 5 juillet 2008

il faut agir maintenant

via greenpeace france

vendredi 4 juillet 2008

devine d'où j'appelle...

En Malaisie, (une) carte biométrique, appellée Mykad, sert à la fois de de titre d'identité détaillé (y compris le nom des parents du titulaire, son origine ethnique, sa religion), de permis de conduire, de passeport, de sécurité sociale, de support pour les informations médicales.

Comme Mykad est aussi utilisée comme porte-monnaie électronique et carte bancaire, les banque reconnaissantes financent en parie sa fabrication.

Le Monde 2,
cité dans terreur et possession, enquête sur la police des populations à l'ère technologique
pièces et mains d'œuvre, éd. l'échappée
cf. Mykad sur Wikipedia (gb)


Le procédé ? Des chercheurs du MIT, auteurs de ce comptage inédit, ont révélé qu’ils avaient utilisé… les signaux émis par les téléphones mobiles des abonnés de Telecom Italia. Baptisée « Rome temps réel », cette première expérimentation a permis, les 10 juillet et 6 août 2007, de visualiser la capitale italienne sous un nouveau jour : sur de grands écrans étaient représentés des quartiers entiers de Rome où points lumineux, flèches rouges, vertes, orange, courbes colorées en trois dimensions représentaient les mouvements de population, les lieux les plus fréquentés, les embouteillages… Des représentations rendues possibles par l’utilisation de données anonymes et collectives fournies par l’opérateur téléphonique.

« Nous leur avons appliqué des algorithmes d’intelligence artificielle. Ce qui nous permet d’analyser les mouvements des automobilistes mais aussi des piétons, des cyclistes… », explique Carlo Ratti, directeur du SenseAble City Laboratory du MIT chargé de cette expérimentation.

(...) Jamais une foule entière n’avait été suivie à la trace, comptée, et même qualifiée, puisque les signaux téléphoniques permettent tout de même de distinguer les numéros locaux et étrangers.

(...) Avec la technologie imaginée par le MIT, « nous franchissons un palier supplémentaire », explique le chercheur belge Thierry Balzacq, spécialiste des questions de sécurité et de libertés individuelles. « Il existe déjà tout un tas d’outils qui vont dans le même sens, mais ce procédé propose pour la première fois une géolocalisation massive en temps réel qui pose le problème de la liberté de mouvement », ajoute-t-il.

via Le Monde (pdf)
source : terreur et possession, enquête sur la police des populations à l'ère technologique
pièces et mains d'œuvre, éd. l'échappée

des connexions haut-débit

Qu'y a-t-il de commun entre Numéricable, la famille Sarkozy, le groupe Carlyle, et le Conseil général des Hauts de Seine ? Rien, seriez vous tentés de dire, et pourtant... Un projet nommé THD92 – qui prévoit le raccordement des Hauts de Seine en fibre optique – pourrait assurer quelques "avantages" à des membres de la famille Sarkozy. J'ai nommé en tout premier lieu Olivier Sarkozy, mais quand il 's'agit du monde des affaires, Nicolas n'est jamais bien loin.

un billet un peu long, mais qui présente d'intéressants rapprochements du type "le complot politico-économique" (ndd)

lire la suite

des amis très chers

(...) Les 16 milliardaires français valent à eux tous la somme de 72,2 milliards d'euros en mars 2008, ce qui représente une hausse par rapport aux 69,7 milliards d'euros de l'an dernier. Leur valeur nette moyenne atteint la somme impressionnante de 5,2 milliards d'euros, soit le double de la valeur nette moyenne des milliardaires du monde entier, qui est de 2,5 milliards d'euros. Deux de ces 16 milliardaires figurent dans le top 20 mondial des milliardaires les plus riches.

Voilà une bonne nouvelle pour Sarkozy qui compte un certain nombre de ces riches citoyens parmi ses partisans, voire même ses amis. Par exemple, Martin Bouygues, qui se partage une fortune de 2,8 milliards d'euros avec son frère Olivier, est le parrain du fils de Sarkozy. Il était également le témoin du président lors de son second mariage avec son ex-épouse Cécilia, aux côtés de la personne la plus riche de France, Bernard Arnault.

Le "raider" d'entreprise Vincent Bolloré, dont le portefeuille éclectique comprend le fret maritime en Afrique et les plantations d'huile de palme en Asie, a reçu Sarkozy sur son yacht, le Paloma.

Le plus intéressant, c'est que ces trois supporters possèdent des participations dans les médias, ce qui pourrait être utile à Sarkozy. La société holding des frères Bouygues possède une participation majoritaire dans la chaîne de télévision française n° 1, TF1. Bolloré possède la chaîne de télévision Direct 8 ainsi qu'une participation dans le quotidien gratuit Matin Plus. Quant à Arnault, il vient de remporter une bataille pour le quotidien financier français Les Echos (bataille remportée face à un autre milliardaire français, Marc Ladreit de Lacharièrre). Au moins deux autres milliardaires français, à savoir Serge Dassault et François Pinault, possèdent des sociétés holding de médias, mais aucun d'eux ne doit toute sa fortune à ce secteur d'activité.

(...) Seulement cinq des milliardaires français ont bâti leur fortune à partir de rien, ce qui est peu surprenant dans un pays connu pour ses grosses fortunes familiales.

via yahoo finance

jeudi 3 juillet 2008

petit conte de noël prospectif

Que du jour au lendemain, l'État, de concert avec l'industrie agro-alimentaire, décide de (ré)instaurer l'anthropophagie, nul doute que la révolte du public ne mette aussitôt à pas. Mais, attendez, rien n'empêche d'en parler en interne. Entre gens sans tabous. Théoriquement.

Les économistes dans les séminaires d'entreprise et les colloques universitaires soulignent la gravité de la crise des protéines, en rapport avec l'essor démographique et le tarissement des ressources. Invités des cercles de réflexion et de prospective, les écologistes indiquent que, du point de vue de la souveraineté alimentaire, de la relocalisation de l'économie et du respect de la biodiversité, mieux vaut consommer un kilo de protéines autogènes que de détruire un are de forêt amazonienne pour l'importer. Les chimistes expliquent aux commissions parlementaires que que la protéine, c'est de la protéine ; on peut lui donner le goût du veau, la couleur du saumon, un parfum de vanille, l'aspect d'une pizza. Les anthropologues rappellent qu'il n'y a là rien de nouveau, le cannibalisme, y compris alimentaire, est vieux comme l'humanité, et persiste dans certains endroits. Les églises s'interrogent, et appellent au dialogue sur ce retour authentique à la communion. Les urbanistes regrettent les gaspillages de l'espace par les cimetières. Les éthiciens remarquent que l'on est, somme toute, dans une variante du don d'organes et que l'important est le respect de la personne et le caractère volontaire du don. Une étude de l'INRA prouve la supériorité des farines enthropiques, leurs bénéfices sur la santé - élimination des virus et bactéries exogènes -, et leur rendement exceptionnel. Les scientifiques des laboratoires de diététique moléculaire fustigent l'irrationalisme et l'obscurantisme des opposants aux recherches sur les Nouvelles Calories qui voudraient nous ramener à l'âge de pierre et des cueillettes. Les dirigeants pourfendent les végétariens. « Faire croire qu'on imposerait une alimentation anthropophagique à la population sans débat préalable, et que l'on transformerait les hôpitaux en abattoirs de science-fiction relève de la théorie du complot, etc. » Un sondage montre qu'en dehors de 15% de conservateurs hostiles et de 15% de de modernistes enthousiastes, la population ne sait pas grand chose de ces Nouvelles Calories, et donc la Commission des débats de société organise avec l'association Vivaviande un cycle «"Farines anthropiques" : à quelle sauce on va nous manger ? ». L'avis consultatif du Comité des sages, représentants du gouvernement, du Sénat, du Parlement, de l'industrie, des églises, de l'académie des sciences, conclut, en toute indépendance, que ceux qui n'aiment pas ça en doivent pas en dégouter les autres ; que chacun doit avoir la liberté de choisir ; et que donc, au dessous de 1%, la mention « d'homoprotéines » dans un produit alimentaire n'est pas obligatoire sur l'étiquette. Disposition d'ailleurs contestée et violée par la marque Soleil vert.

Soudain, une mystérieuse épidémie de fièvre porcine, attaque biologique ou mutation d'un vurus en batterie, extermine le cheptel mondial, et il n'y a plus d'alternative aux Nouvelles Calories. Dans l'urgence de la famine, le gouvernement sort des projets de ses cartons - gouverner, c'est prévoir -, dont l'interdiction de la crémation et la réquisition de toutes les réserves de protéines disponibles. Mais qu'on se rassure : nous vivons en démocratie. Nous n'allons pas fabriquer des clones pour les cannibaliser.

in terreur et possession, enquête sur la police des populations à l'ère technologique
pièces et mains d'œuvre, éd. l'échappée

mardi 1 juillet 2008

la france est un pays de flics


"Il faut contrôler des ressortissants bosniaques, roumains, ainsi que des individus oringinaires des pays de l'Est", c'est ce que conseille, noir sur blanc, un document distribué à tous les commissariats de l'ouest parisien. Un fichier secret serait aussi en vigueur. Contrôle au faciès ? Fichage racial ? Totalement illégal en tous les cas...

reportage au 19/20 de France 3, 25 juin 2008, via les mots ont un sens

lundi 30 juin 2008

les promesses engageant qui vous savez...

Des centrales nucléaires pour les pays du sud, oui... mais dans très longtemps. C'est le message, discret mais ferme, que l'Autorité de Sûreté Nucléaire vient de délivrer. Une sorte de réponse au discours tenu, à chaque étape de ses voyages au sud de la Méditerranée, où au Moyen Orient, par le président Nicolas Sarkozy.

(...) Discrètement, l'Autorité de Sûreté Nucléaire vient de rédiger un court texte qui remet ces perspectives dans un cadre plus réaliste. On peut le résumer ainsi : le nucléaire est une (très) longue marche.

L'ASN suppose évidemment que les choses se passent correctement. C'est à dire que le pays qui se lance dans l'électro-nucléaire suive l'ordre des opérations qu'elle recommande. D'abord, créer une Autorité de sûreté "indépendante", lui fournir des experts, un cadre législatif, la roder sur de petites installations. Au moins "5 ans", rien que pour cette phase préliminaire. Puis, "entre 2 et 10 ans" si l'on part de rien,pour examiner un dossier de centrale. Quant à la construction de cette dernière, il faut compter cinq ans minimum...

Il faut donc, résume l'ASN "15 ans minimum", et plutôt 20 ans dans un pays qui se lancerait à partir de zéro, avant de produire le premier kilowatheure électrique à partir d'un réacteur nucléaire. Autrement dit, l'horizon des premières réalisations ne se profile pas avant 2028.

via {sciences²}

dimanche 29 juin 2008

une directive en 2008... l'état d'urgence en 2012 ?

Le 13 juin dernier la Direction des affaires criminelles et des grâces du Ministère de la Justice a publié une note à destination des parquets afin de faire face à « la multiplication d’actions violentes commises sur différents points du territoire national susceptibles d’être attribuées - ça n’est donc même pas sûr - à la mouvance anarcho-autonome », notion dont il convient d’observer l’absence de contours précis.

On y apprend que, « outre des inscriptions sur des bâtiments publics (en clair, des tags), cette mouvance s’est manifestée par la commission d’actions violentes en différents points du territoire national au préjudice de l’Etat et de ses institutions » et que « c’est aussi à l’occasion de manifestations de soutien à des prisonniers ou d’étrangers en situation irrégulière (nous y voilà) que ses membres s’expriment, parfois avec violence ».

Le zèle développé à cette occasion par la Chancellerie prêterait presque à sourire s’il n’était ensuite demandé aux magistrats « d’informer dans les plus brefs délais la section anti-terroriste du parquet de Paris pour apprécier de manière concertée l’opportunité d’un dessaisissement à son profit » et, par voie de conséquence, de permettre une extension quasi illimitée d’une législation d’exception.

Cette manière de procéder devrait ainsi permettre – au prétexte bien commode et très consensuel de lutte contre le terrorisme – de renforcer la répression à l’encontre des différents acteurs du mouvement social.

A n’en pas douter, la philosophie générale de cette note singulière est à rapprocher des propos récemment tenus par le porte-parole de l’UMP à l’encontre du Réseau Education Sans Frontières et autres collectifs « faiseurs de provocations » et « semeurs de désordre » qui - bientôt suspects d’appartenir à cette fameuse « mouvance anarcho-autonome » - pourront bénéficier d’un traitement judiciaire de faveur.

Le Syndicat de la magistrature dénonce avec force ce procédé et invite les magistrats à faire preuve du plus grand discernement dans la mise en œuvre de cette scandaleuse dépêche.

in syndicat-magistrature.org
et copie de la directive du 13 juin 2008

- avant ça : bourgeois de france unissez-vous -

question de boussole

Et ainsi, tous les 6 mois, tout le monde retient son souffle pour savoir quelles seront les perspectives de la Croissance pour le prochain semestre…. La Croissance serait la solution à tous ces problèmes, chômage, trou de la sécu, pauvreté….

Mais cette croissance dont on nous bat les oreilles, c’est la croissance du PIB, le Produit Intérieur Brut, c’est-à-dire tout ce qui donne lieu à des échanges monétaires, ce qui s’achète et qui se vend. Et donc, à coté de la satisfaction de nos besoins les plus vitaux, la Croissance embarque pêle-mêle des activités comme les réparations de catastrophes écologiques, AZF ou naufrages de pétroliers , les ventes d’armes, les dépenses de publicité, la consommation de tranquillisants, la dépollution de l’eau pour la rendre potable. Tout est "bon" pour la Croissance, du moment que cela donne lieu à des flux monétaires. Peu regardante sur ce qu’elle additionne, la Croissance oublie par contre toutes les activités humaines qui ne donnent pas lieu à des dépenses monétaires : entraide, vie associative, temps passé avec nos enfants et attention aux anciens…

Alors finalement, c’est quoi la richesse d’une société ?

Souhaite-t-on une société où la principale boussole est celle du chiffre d’affaires, et où l’on accepte des inégalités de revenus de plus en plus criantes ?

Une société où les dégâts écologiques ne viennent jamais remettre en cause la logique de la course aux profits ?

Souhaite-t-on une société où les dépenses de santé sont très élevées ou une société dont les personnes sont en bonne santé ?

Souhaite-t-on une société où les loisirs ne sont "bons" que si ils entraînent des dépenses, ou choisit-on la douceur de vivre ?

Et ainsi de suite...

Le PIB et la Croissance sont bien loin de mesurer l’amélioration du bien-être d’une société et du "bien-vivre" des individus. Ce ne serait pas si grave si cet indicateur se cantonnait à ce qu’il est, un regard sur les activités économiques. Mais son omniprésence dans les esprits en fait le raisonnement principal, affecte notre quotidien, empêche d’autres regards …

La santé par exemple n’est abordée que comme une dépense, alors qu’elle devrait être traitée en termes d’investissement sur l’être humain. Mais la prévention est moins productrice de "croissance" que la réparation… Et les dégâts de la pollution ou du stress au travail sur la santé, par exemple, ne sont jamais comptabilisés en négatif dans le chiffre d’affaire des entreprises…. oubliant que ce sont les humains et les conditions écologiques qui constituent les conditions de toute activité.

Construire de nouvelles boussoles, centrées sur l’être plus que sur l’avoir, se préoccupant certes du pouvoir d’achat, mais aussi de l’espérance de vie, de l’accès au savoir, à la santé…de la possibilité de se réaliser pleinement. Des boussoles où ce qui compte, c’est chaque être humain. Une économie au service de l’humain et non l’inverse.

(Un seul exemple, mais il en existe bien d’autres, l’indicateur de développement humain (IDH), proposé par le PNUD – et s’inspirant des travaux du prix Nobel d’économie Amartya Sen - considère trois critères essentiels : l’espérance de vie, le niveau d’instruction et le revenu.)

Il est urgent de changer notre regard sur ce qui fait la richesse d’une société.

Reprendre pouvoir sur nos propres vies, sur ce qui fait valeur pour nous. Se construire, personnellement, collectivement, sur une vision du monde ancrée sur l’humain, où chaque personne a sa place. Et le faire avec tous ceux qui sont les plus touchés par cette dérive de notre société.

in appel pour un autre regard sur la richesse
et l'initiative Produit Intérieur Doux

vendredi 27 juin 2008

connaître l'histoire pour la revivre ?

« Notre mode de vie n’est pas négociable » a déclaré G. W. Bush. Pourtant, pendant la Seconde guerre mondiale, les citoyens américains ont renoncé un moment à la culture de la consommation et du gaspillage.

(...) Dans les années 1940, les Américains combattaient simultanément le fascisme à l’étranger et le gaspillage chez eux. Mes parents, leurs voisins, et des millions d’autres Américains laissaient la voiture au garage pour se rendre au travail à vélo, retournaient leur pelouse pour planter des choux, recyclaient les tubes de dentifrice et l’huile de cuisson, prêtaient bénévolement leurs services aux crèches et aux centres de l’United Service Organization, offraient le gîte et le couvert à des inconnus, et s’efforçaient consciencieusement de réduire leur consommation et d’éviter le gaspillage inutile. La Seconde Guerre mondiale donna ainsi lieu à la plus grande expérience d’écologie populaire de l’histoire des États-Unis. Lessing Rosenwald, le directeur du Bureau pour la conservation des matériaux industriels, exhortait ses compatriotes « à passer d’une économie de gaspillage – et on connaît les habitudes de ce pays en matière de gaspillage – à une économie de préservation. » Une majorité de civils répondit à l’appel, certains à contrecoeur, beaucoup avec enthousiasme.

Le symbole le plus célèbre de ce nouvel état d’esprit était les « jardins de la victoire ». Initialement encouragés par l’administration Wilson pour lutter contre la pénurie alimentaire pendant la Première Guerre mondiale, les jardins potagers communautaires ou familiaux sont réapparus au début du New Deal et furent alors élevés au rang de stratégie de subsistance pour les chômeurs. Au lendemain de Pearl Harbor, l’enthousiasme populaire fit céder les résistances des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture et fit des « jardins de la victoire » le dispositif central de la campagne nationale « Food Fights for Freedom ». (...)

(...) Mieux encore, on assista au retour triomphal de la bicyclette. (...) Moins de deux mois après Pearl Harbor, une nouvelle arme secrète, le « vélo de la victoire » – un engin en ferraille équipé de pneus en caoutchouc de récupération – faisait son apparition à la une des journaux et dans les actualités cinématographiques. Dans le même temps, des centaines de milliers de travailleurs réquisitionnaient les vélos de leurs enfants pour leur déplacement quotidien à l’usine ou au bureau, et des dizaines de municipalités organisèrent des parades cyclistes et autres « journées du vélo » pour promouvoir la supériorité patriotique du Schwinn sur la Chevrolet. (...)

Après une première phase de désarroi et de confusion, Samuel Williamson, chroniqueur au New York Times, se réjouit de voir les banlieusards enfourcher leurs vélos, raccommoder leurs vêtements, cultiver leur jardin, et consacrer plus de temps à coopérer avec leurs voisins. Sans voiture, les gens se déplaçaient plus lentement, mais semblaient être plus actifs. (...) « Une de ces valeurs, sans doute, c’est la redécouverte que le domicile familial n’est pas un simple dortoir, mais un lieu de vie en commun. Voilà qui revalorise les relations humaines. »

Article initialement paru sous le titre « Home-Front Ecology » 
dans le Magazine Sierra Club (juillet-août 2007)
Traduction : Hugues Jallon pour Mouvements

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