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dimanche 7 février 2010

 

DSK 2012 montre ses muscles ( si, si!)

A plusieurs reprises, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a fait des offres pour participer au sauvetage des finances grecques, mais les dirigeants de la zone euro s'y opposent mordicus (...).

L'Union européenne (UE) et le FMI sont pourtant intervenus ensemble en Roumanie, Hongrie et Lettonie, trois membres de l'UE, mais jamais dans un pays de la zone euro. Le gouvernement grec n'exclut pas non plus de recourir au FMI qui a dépêché une mission technique à Athènes.Certaines voix, en particulier au ministère français des finances, veulent conserver cette option (...).

Pourquoi tant de réticences ? Certains gouvernements en font une question de crédibilité. "C'est aux pays de la zone de faire preuve de solidarité. Vous imaginez le ridicule si nous devions nous en remettre à une institution basée à Washington ?", demande un dirigeant (...).

Le FMI répond, notamment par la voix de Jean Pisani-Ferry, directeur du Centre de recherche économique Bruegel et proche de M. Strauss-Kahn, que l'UE ne parviendra pas seule à calmer les marchés. Dans deux articles parus dans le Financial Times du 2 février et La Tribune du 3, M. Pisani-Ferry précise les arguments du Fonds.

Celui-ci estime que l'UE n'a ni la vocation, ni les équipes, ni les techniques pour analyser les carences d'un pays et préconiser des remèdes. L'Union n'a pas l'habitude d'affronter l'impopularité des thérapies de choc et pourrait céder aux manifestations de rue. Le FMI peut jouer de sa réputation de dureté pour aider le gouvernement grec à imposer les sacrifices inévitables.

Enfin, les experts du FMI estiment qu'il faudrait mettre sur la table 20 milliards à 25 milliards de dollars pour rassurer les marchés sur la solidité du sauvetage de la Grèce. "On voit mal Paris dégager de son budget 3 milliards de dollars pour voler au secours d'Athènes ! dit l'un d'eux. Et la difficulté est comparable à Berlin." Avec ses réserves de 1 000 milliards de dollars, le FMI dispose des fonds, lui.

via le monde

 

ne pas être mauvais (i. e. don't be evil, le slogan de grosgle, traduit par grosgle translate)

Google vient de prendre langue avec la NSA, cette « agence nationale de sécurité » mondialement connue pour être capable d’espionner, partout et tout le temps, tous les types de communication électronique, à l’exception, pour le moment, de la télépathie. Il s’agit évidemment de consulter (et plus si affinité) les « geeks » les plus performants du monde, dit-on, pour qu’ils aident Google à trouver des parades aux « attaques ultra-sophistiquées », qui ont récemment affecté ce géant du Web, ainsi que quelques autres compagnies-clé, curieusement beaucoup plus discrètes à cet égard, comme Cisco ou Adobe.

Wired s’en émeut, et affirme que ce « deal » pourrait « tuer » Google. Et de rappeler que la NSA espionne sans vergogne tous les citoyens états-uniens, y compris certains membres du Congrès, sans mandat, ainsi bien sûr que le « reste » du monde. Et de citer la presse russe qui titre que désormais Google et la NSA « espionneront ensemble ». (...)

Le Wall Street Journal (a révélé) que plusieurs compagnies européennes auraient commercialisé des technologies fort puissantes d’ « inspection profonde » des paquets de données Internet ( »Deep packet inspection ») utilisées par des pays aux pratiques démocratiques controversées (...) ces techniques permettent non seulement de rassembler toutes les informations dont les « services » sont avides, mais aussi de les « altérer » à fins de désinformation. (...)

J’en concluais qu’il faudra désormais s’habituer à l’idée que non seulement nos flux de données privées seront constamment surveillés « en profondeur », mais qu’ils pourront être aussi éventuellement modifiés, truqués, pour tout usage utile à ceux qui maitrisent le monde.

Tout le monde sait que Google lit systématiquement et compile intégralement les e-mails des comptes Gmail et analyse en permanence et mémorise les mots-clés que nous utilisons sur son moteur de recherche. Bien entendu tous les autres usages de la galaxie Google, comme Google Voice ou Google Earth sont également empilables dans la base de données personnelles pratiquement ineffaçables qui est constituée pour chaque client de cette compagnie. Nul doute, donc, que l’accord de Google avec la NSA va être interprété par les « geeks » du monde entier comme une sorte de provocation.
Pour les usagers lambda, évidemment, il ne sera pas très facile de rester de simples spectateurs. Non que nous ayons des choses à cacher, bien sûr. Qui en a, quand on est honnête ?

via métaxu

 

vendredi 5 février 2010

 

petit boulot de la république

(ce qui suit n'est pas copié sur un autre site - oui, c'est osé, mais on va essayer de rester neutre pour juste transmettre l'info)

Nous avons été recensés, et avons à cette occasion appris les éléments suivants via l'agent recenseur, un jeune homme qui, bien qu'à peine sorti des jupes de sa mère, se demandait quand même s'il ne s'était pas un peu fait entuber :

- le salaire annoncé est de 300 euros minimum, et 900 dans le meilleur des cas, pour 60 logements à faire par semaine - horaires libres, mais avec recommandation de travail sur 8h30-12h30 et 14h-20h30 pendant 6 jours (soit 60h/semaine, en effet)

- le recensement implique le remplissage d'une feuille générique par logement (compter 15 mn en moyenne) payée 47 centimes, puis d'une feuille par personne habitant le logement (compter à 10 à 20 mn selon les cas), payée 90 centimes - le passage chez nous, trois habitants, au moins 45mn de travail (nous avons la prétention de cocher rapidement les cases, mais il a fallu qu'il passe deux fois pour nous voir) sera donc royalement facturé 2 euros 27 à notre agent.

on dit merci l'état.

ah non, lui il a dit "bin moi j'le ref'rai pas".

via dessillons, tout seul comme un grand

et en bonus, un dérivé de l'affiche officielle ci dessus, via bakchich

 

jeudi 4 février 2010

 

nucléaire non merci ! comment ça, si quand même ?

Le gouvernement italien a annoncé jeudi qu'il attaquait devant la Cour constitutionnelle trois régions ayant adopté des lois contre la construction de centrales nucléaires sur leur territoire, signe d'une montée de la tension autour du retour de la péninsule au nucléaire. (...)

Ces trois régions du sud du pays sont gouvernées par l'opposition de gauche. (...)

M. Scajola a indiqué que le gouvernement adopterait de façon définitive le 10 février un décret portant sur la définition des critères de localisation des futures centrales. Ces sites ne devraient pas être choisis avant un an.

La semaine dernière, les régions italiennes, réunies dans le cadre de la Conférence des régions, avaient adopté une résolution marquant leur opposition au programme nucléaire du gouvernement. Onze régions sur vingt ont par ailleurs déposé un recours auprès de la Cour constitutionnelle contre ce programme.

Le nucléaire devrait être un des thèmes majeurs des élections régionales qui se tiendront fin mars.

Rome avait annoncé en 2008, dès le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi, sa volonté de renouer avec le nucléaire, 21 ans après y avoir renoncé lors d'un référendum tenu après la catastrophe de Tchernobyl.

Le gouvernement italien s'est fixé pour objectif de produire d'ici à 2030 25% de ses besoins en électricité grâce au nucléaire. Les premiers réacteurs devraient être opérationnels d'ici à 2018/2019 et l'objectif est d'en construire de huit à dix. Le français EDF et l'italien Enel se sont alliés pour en construire quatre.

via libération

affaire déjà évoqué par ici

 

non à l'ouverture d'un camp d'internement des étrangers !

La construction du nouveau centre de rétention du Mesnil-Amelot (77) est quasiment achevée. L’ouverture est prévue dans quelques semaines. Avec 240 places de rétention, ce centre sera le plus grand de France.

Un centre de 240 places représente une moyenne de 40 arrivées par jour (c’est par exemple ce qui était le cas à Vincennes avant l’incendie du 22 juin 2008). Cet univers est celui de l’anonymat, de la déshumanisation des personnes. Comme la situation de Vincennes l’a montré le non-droit, les violences, les auto-mutilations et les tentatives de suicide seront, encore plus qu’ailleurs, le résultat quotidien de cet internement.

Les associations signataires dénoncent cette criminalisation des migrants et s’opposent à l’ouverture de ce camp. Elles appellent les citoyens, les élus à se mobiliser contre l’internement administratif des étrangers...

> Lire le texte intégral de l'appel

Premiers signataires :
ADDE - Comede - ELENA-France - Emmaüs - Gisti - La Cimade - Ligue des droits de l'homme - Migreurop - MRAP - Réseau Education Sans Frontières - Secours Catholique - Syndicat des Avocats de France - Syndicat de la Magistrature

via la cimade

 

mercredi 3 février 2010

 

vessies et lanternes (ou : chavez, c'est mal, puisqu'on vous le dit)

Le 20 janvier 2010, Le Monde.fr titre : « Pour Hugo Chávez, les Etats-Unis sont responsables du séisme » (en Haïti) (...) ».

 « […] M. Chávez soupçonne Washington d’être directement à l’origine du séisme. Selon le quotidien espagnol ABC, la télévision d’État vénézuélienne a récemment retransmis des propos du président évoquant “un test de la marine américaine”. Le test en question serait ni plus ni moins celui d’une “arme secrète” capable de provoquer des tremblements de terre. »

Et Le Monde.fr de renvoyer à cette première source : un article du journal espagnol (de droite) ABC, rédigé depuis Madrid (...).

ABC cite comme base présumée des propos attribués à Hugo Chávez, un article – hallucinant, il est vrai… - publié sur le site de « Vive TV », sous le titre « "Terremoto experimental" de Estados Unidos devastó Haití » et attribué à la RNV (Radio Nacional de Venezuela) (...).

Le 22 janvier 2010, le JDD titre : « Haïti : Les divagations de Chávez » et livre sa propre version :

« A la tribune, devant un parterre de militaires et dans des propos relayés par la télévision publique ViveTV, Hugo Chávez a étayé sa démonstration en affirmant que "la semaine dernière, les tests américains ont provoqué un séisme de magnitude 6,5 sur l’échelle de Richter dans la ville d’Eureka, en Californie, sans faire de victimes". En revanche, la même expérimentation en mer des Caraïbes a, elle "causé la mort d’au moins 140 000 innocents".

Les citations sont bien extraites de l’article publié sur le site de Vive. Seulement voilà : il a semble-t-il échappé au rédacteur du JDD que cet article ne se présente pas – et pour cause… - comme la transcription d’un discours de Chávez.

Où et quand Hugo Chávez a-t-il tenu les propos qu’on lui prête en lui attribuant un texte qu’il n’a pas signé ? Le Monde.fr le tient de source sûre, du moins le croit-il : «  Pour la télévision russe Russia Today, qui s’amuse de la paranoïa vénézuélienne, l’administration du président Chávez est convaincue que cette arme est testée pour être, à terme, utilisée contre l’Iran. » (...)

Le « quotidien de référence » reproduit la vidéo de cet « amusement » de Russia Today (RT), une chaîne de télévision d’information continue russe lancée en 2005 par l’agence gouvernementale RIA Novosti.

Reste un petit problème dont la journaliste du Monde.fr ne s’est manifestement pas inquiétée. En effet, si la vidéo en question, diffuse un commentaire (apparemment enregistré à Los Angeles) qui attribue à Chávez les propos controversés, il est impossible d’entendre ces derniers : les images montrent seulement Chávez intervenant devant un parterre de civils et de militaires.

Pis : Grégoire Souchay, dans un article publié sur le site « La Revolución Vive » (...), a établi que le commentaire en voix off s’impose sur « des images de Chavez datant du 30 décembre dernier qui traitaient... du bilan de la politique énergétique pour 2009. »

Or, écrit Grégoire Souchay, « après vérification attentive, Hugo Chávez n’a fait AUCUNE déclaration ou allusion sur une quelconque responsabilité américaine dans le déclenchement du séisme. »

via acrimed

 

haute estime de soi

On disséquait hier, sur le plateau de Ligne j@une, à propos du pugilat de gladiateurs dans la boue qui oppose Sarkozy et Villepin, le type de folie très particulière qui atteint la tribu (restreinte mais bruyante) des présidentiables. Réaliser, à onze ou quinze ans, que l'on est  missionné par Dieu pour gouverner la France, n'est pas un signe de santé mentale éclatante. Il en va de même pour les grands patrons. Ne pas douter un seul instant de valoir cent fois (et même exactement 308 fois, avance Judith)  plus qu'un ouvrier, oser regarder dans la glace chaque matin un type qui vaut 308 fois plus qu'un ouvrier, n'est-ce pas un signe de dinguerie ? Pas un seul, en tout cas, n'est épargné. On attend avec impatience la nomination du patron du CAC 40 qui décidera de plafonner son salaire à (disons) dix fois le montant du salaire le plus bas de l'entreprise. A croire que la mégalomanie est une qualité professionnelle exigée.

Au passage, on n'en finit pas de se familiariser, avec délices, avec le concept de "président non-exécutif". Ainsi le futur ex-PDG de France Télécom  pourrait garder son salaire en devenant président "non-exécutif" du groupe. Il deviendrait ainsi, après Proglio, le deuxième adhérent français du syndicat des "non-exécutifs" payés plus d'un million par an. Ce concept est fascinant. On rêve de bouchers "non-exécutifs" qui ne servent pas d'entrecôtes, ou de techniciens de surface "non-exécutifs" qui ne touchent pas un balai. On rêverait même, parfois, d'être nommé chroniqueur non-exécutif, dispensé de  gamberge matinale. Mais on en est loin.

via la le "9-15" d'arrêt sur images

 

mardi 2 février 2010

 

prison-exploitation

Un riverain a reçu ce mail du responsable de la section Travail et Emploi de la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Lille (Disp), Jean-Gabriel Cuvillez.

    « Lille, lundi 25 janvier 2010,

    Chère Madame, cher Monsieur,

    Savez vous que la prison est aussi une entreprise ?

    Une entreprise qui dispose de 200 000 m² d'ateliers, emploie
    quotidiennement 10 000 personnes, et fait réaliser aux sociétés qui y
    interviennent ou passent leurs commandes un chiffre d'affaire annuel
    d'environ 100 millions d'euros. (...)

    Parce que rester compétitif implique de se recentrer sur ses métiers :
    bénéficiez vous aussi d'une délocalisation de proximité, réactive,
    flexible, aux conditions financières avantageuses.

    Parce que notre mission est de favoriser l'insertion des personnes
    dans la vie active au terme de leur détention, parce que vos
    impératifs d'entrepreneur sont la performance et la réussite, nos
    équipes sont à votre écoute pour gérer et vous aider à développer vos
    productions selon vos critères particuliers de qualité et de délais. (...) »

Un lien est ajouté, pour diriger le correspondant vers un site proposé par la Disp (...).

via rue89

Le salaire minimum horaire est de 3,27 euros en maison d'arrêt et de 3,54 euros en centre de détention, contre 7,61 euros hors prison. (via eco89)

 

si on s'y met tous, ça passera vite...

Infographie montrant combien de temps peuvent durer les réserves des principales matières premières utilisés dans la plupart de nos objets quotidiens (cliquez dessus pour l'agrandir) :

- la couleur claire indique la durée si le monde continue à consommer au rythme actuel (ex. 143 ans pour le chrome),

- la couleur sombre si le monde se met à consommer à hauteur de la moitié de ce que consomment actuellement les USA (ex. 40 ans pour le chrome...) .

via la boite verte

 

lundi 1 février 2010

 

de la supression de la pub à la télé (sauf si elle reste) & de sa taxe compensatoire (sauf si elle ne s'applique pas)

"Cette réforme [...] restera l'une des plus importantes que j'aurai eu à conduire", triomphait Nicolas Sarkozy le 19 février 2008 à l'occasion de l'installation de la Commission Copé, chargée de plancher sur les modalités de suppression de la publicité sur la télévision publique. (...)

En janvier 2009, 24 sénateurs du Parti communiste et du Parti de gauche (CRC-SPG) avaient demandé au Conseil d'Etat d'annuler la suppression de la publicité sur la télévision publique. Les rabat-joies se plaignaient du fait que la mesure ait été appliquée avant même que le Sénat n'examine la loi. Un "excès de pouvoir" et une "ingérence du pouvoir exécutif dans le législatif", selon eux. Lundi, la décision est tombée : le Rapporteur public a demandé au Conseil d'Etat "d'annuler la décision" de suppression de la publicité, dénonçant "la piètre gestion d'un dossier sensible" et la "mauvaise gouvernance" des pouvoirs publics. Rien que ça. S'il n'y a quasiment aucune chance que le Conseil d'Etat aille dans le sens des sénateurs rebelles, l'annonce pourrait bien déclencher une petite guerilla politico-médiatique. Euh, en fait non, puisque c'était lundi dernier. Le soir même, Nicolas Sarkozy se trémoussait sur la Une. Mais nos interviouveurs présidentiels n'ont semble-t-il pas jugé utile d'évoquer le sujet. Dommage.

(...) Jeudi, suite à la plainte des opérateurs télécom et de... la maison Bouygues, la Commission européenne a annoncé qu'elle ouvrait une procédure d'infraction contre la France, pouvant déboucher en dernier recours sur le renvoi de notre beau pays devant la Cour européenne de justice. La cause ? Bruxelles a estimé que la taxe imposée depuis l'an dernier aux opérateurs télécom pour compenser la perte des revenus de la réclame par l'audiovisuel public est "une charge administrative incompatible avec le droit européen". De plus, "elle vient frapper un secteur qui est aujourd'hui l'un des principaux moteurs de la croissance économique [et] le risque est grand que la taxe soit répercutée vers les clients, alors que nous cherchons précisément à faire baisser la facture des consommateurs" s'est lamenté Viviane Reding, membre de la Commission européenne responsable de la société de l'Information et des Médias. Et hop, voilà 350 millions d'euros par an qui partent en fumée.

via les mots ont un sens

 

Charité bien ordonnée commence par soi-même

Monoprix va lancer début mai un magazine mensuel, édité à 1,5 millions d'exemplaires, qui sera distribué gratuitement dans 200 magasins de la même enseigne et sera financé par la publicité.

Henri Baché, publicitaire chargé de sa réalisation, précise le concept : "Nous voulons un magazine où les marques prennent la parole sous forme éditoriale." Enfin un journal qui ne se cache pas derrière les journalistes pour faire passer des pages de pub : ici, plus besoin de journaleux, ce sont les grandes enseignes elles-mêmes qui définissent la ligne éditoriale.

Mamie Nova et Canard WC qui piquent la place de Jacques Juillard ou d'Etienne Mougeotte, qui verra la différence ?

in charlie hebdo

 

vendredi 29 janvier 2010

 

aujourd'hui, un policier UTILE travaille à l'Unité de traitement des infractions à la législation sur les étrangers (sic)

Le 12 janvier au matin, une escouade de policiers débarque dans une zone industrielle du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Leur cible : la Seni, une entreprise de nettoyage soupçonnée d’employer des immigrés sans-papiers. Bonne pioche ! Les policiers de l’Utile (Unité de traitement des infractions à la législation sur les étrangers), saisissent des liasses de documents et découvrent, stupéfaits, que près de 500 salariés sont en situation irrégulière. Soit 20% des effectifs de la société ! Aussitôt, trois dirigeants sont placés en garde à vue.

Mais, trente heures après le déclenchement de l’opération, le ciel tombe sur la tête des policiers : le procureur de Créteil, Jean-Jacques Bosc, leur ordonne de libérer les dirigeants de la Seni.  (...) Les flics de l’Utile l’ont mauvaise. (...)

Encouragés par les déclarations martiales du gouvernement appelant à réprimer sans faiblesses les employeurs de travailleurs clandestins, ils avaient mis les bouchées doubles. D’autant plus motivés que les patrons de la Seni font figure de récidivistes. En 2008 déjà, quelque 167 agents employés illégalement par cette société avaient réclamé leur régularisation à la préfecture du Val-de-Marne. Rebelote à l’automne dernier, quand 200 autres salariés se sont mis en grève pour obtenir un titre de séjour. (...)

Préfet et procureur savent que ce dossier est explosif. Pour deux raisons. La première est facile à deviner : si les dirigeants de la Seni vont en taule, ou deviennent interdits de gestion, c’est un risque de conflit majeur. Peut-être 2 000 salariés sur le carreau, dont 500 irréguliers, des banderoles, des manifs, des occupations. Bref, un cauchemar pour le préfet.

La seconde est plus surprenante. La Seni, qui travaille surtout avec des offices HLM de la région parisienne, est une filiale du groupe Samsic, (...) La maison mère et certaines de ses filiales assurent ainsi le nettoyage de l’Elysée et de l’hôtel Matignon. Elles donnent aussi un coup de chiffon au Sénat, au siège du ministère de la Défense, et surveillent la Tour Eiffel. Le groupe se vante également, sur son site Internet, d’intervenir « dans des installations nucléaires de base, y compris sur sous-marins à propulsion nucléaire ». Enfin, il prend en charge l’entretien des locaux de la police de l’air et des frontières à Roissy, qui est justement chargée de traquer… les sans-papiers.

in Le Canard Enchaîné

 

jeudi 28 janvier 2010

 

"tous nos vœux de bonus extravagants"

dessillons n'a pas tellement le goût des vœux, mais nous vous proposons quand même ceux-ci que nous venons de recevoir par mail, créés par Benoit Faivre à partir de ceux de not'bon président - bonne écoute !

 

dura lex, sed lex (et on n'y comprend rien)

Les chiffres sont édifiants : les lois promulguées représentaient 632 pages en 1980, 1 055 pages en 1990, 1 663 pages en 2000 et 1 966 pages en 2006. Ces dernières années, la tendance n'a fait que s'accroître. Depuis le début de la législature, pas moins de 117 projets ou propositions de loi, sans tenir compte des conventions internationales, ont été adoptés. Pis, la "procédure accélérée", procédure censée être "exceptionnelle" en limitant à une lecture par Chambre l'examen des textes, a été utilisée pour 60 % d'entre eux depuis le début de la législature. Une boulimie qui conduit, inévitablement, aux couacs. Même dans la majorité, les élus appellent à ralentir le rythme.

(...) Les parlementaires ont, semble-t-il, pris conscience de ce que cette "course à l'échalote" a de néfaste. Pour suivre la volonté de Nicolas Sarkozy, il faut adopter des textes perclus d'amendements, de sous-amendements... Les projets de loi initiaux s'enrichissent d'une kyrielle de dérogations et d'exonérations. Autant de risques d'insécurité juridique supplémentaires dont les cabinets et conseillers en tout genre feront leur miel pour permettre à leurs clients de passer entre les mailles du filet.

Dénicher la faille juridique permettant de contourner la loi est devenu un lucratif marché. Un véritable régal. Les banquiers se transforment en services administratifs pour instruire les dossiers fiscaux. Les cabinets spécialisés traquent les "lacunes" de la loi. "Toute réforme crée nécessairement de la complexité supplémentaire : il faut écarter l'idée que le droit puisse être simple, explique Patrick Hubert, associé chez Clifford Chance, un des principaux cabinets d'experts juridiques de la place parisienne. Nous vivons de la difficulté du droit. Il y a un marché de l'interprétation, tant les règles sont sophistiquées." Pour cet ancien conseiller d'Etat ayant également travaillé dans des cabinets ministériels, comme bon nombre de ses collègues juristes recrutés dans ces offices spécialisés, "à partir du moment où il y a un besoin, il y a forcément des professionnels pour répondre à ces besoins", même si, admet-il, "cela crée forcément des inégalités entre ceux qui peuvent s'offrir ces conseils et ceux qui ne le peuvent pas".

(...) Ainsi, en matière de "lois sécuritaires", la majorité a présenté pas moins de seize textes depuis 2002. Résultat ? Les "promesses" s'arrêtent au stade du déploiement des moyens nécessaires aux intentions, quand ce n'est pas au simple stade de la publication des décrets d'application. Alors, de rapport en rapport, on invoque les "points de blocage", l'"insuffisance du suivi", le "manque de moyens", pour justifier l'inefficacité des textes adoptés. Et on se dépêche d'en remettre une louche.

via le monde

 

mercredi 27 janvier 2010

 

j'y suis j'y reste (car je n'ai nul autre part où aller)

Le 18 janvier, le Tribunal d’Instance du 5e arrondissement a condamné les habitants de l’hôtel particulier de la place des Vosges à payer 12.000 euros d’indemnités, auxquelles s’ajouteront 25.000 euros par mois d’occupation supplémentaire. Les forces de l’ordre ont également la possibilité de nous expulser manu militari à partir de la semaine prochaine. Voilà les raisons pour lesquelles nous avons tous décidé de rester, illégalement mais légitimement.

Parce que nous n’avons nulle part ailleurs où habiter. (...)

Parce que nous ne portons préjudice à personne.

Notre présence ne dérange personne, puisque le bâtiment est inoccupé depuis longtemps. Notre présence ne change rien, ni pour le quartier, ni pour la propriétaire, ni pour la Marquise de Sévigné, ni pour Louis XIII qui enfourche gaiement son cheval en face de chez nous. Cela change juste quelque chose pour les 30 habitants qui savent où dormir le soir.

Parce que la préfecture a l’obligation de nous reloger avant de nous déloger. (...)

Parce que le bâtiment restera vide après notre départ.

Voilà maintenant un demi-siècle que le bâtiment était resté vide avant notre arrivée, et après notre départ forcé c’est encore un autre demi-siècle qu’il pourrait rester inoccupé. Il n’y a aucun projet sur le bâtiment: ni de projet de logement, ni de projet de vente, ni de reprise des travaux. Nous avons toujours accepté de quitter un bâtiment réquisitionné lorsqu’un projet de réhabilitation était entrepris. Bien que la propriétaire soit un particulier, il nous paraît tout de même aberrant qu’elle laisse ces appartements vides encore longtemps, alors que 1.200.000 personnes sont en attente d’un logement social en France.

Parce qu’enfin, notre combat nous semble juste et légitime. (...)

Parce que nous ne restons pas dans cet hôtel particulier pour admirer la vue sur l’ancienne «place Royale», ou pour le plaisir d’avoir Jack Lang comme voisin.

Nous restons ici pour que les 3,5 millions de mal-logés en France obtiennent un logement décent. Nous vous invitons donc tous à nous rejoindre à la «nuit solidaire» que nous organisons à la Marquise dans la nuit du 26 au 27 janvier, pour demander à l’Etat d’assumer ses responsabilités face à la crise du logement et pour nous apporter votre soutien face à la menace de l’expulsion.

Adeline, Anaïs, Annika, Bolewa, Damien, Dimitri, Émeric, Francis, Fred, Gwen, Jonathan, José, Laetitia, Laurent, Lena, Lila, Marc, Margaux, Nabila, Nicolas, Raphaël, Ricardo, Romain, Sabrina, Sam , Sarah, Stéphane, Solène, Sylvain, Vlad, En direct du ministère de la Crise du logement

 

les mots pour le dire (de la bessonisation des esprits)

Les choses disent tout par elles-mêmes.

Tandis que les mots pour les désigner nous en apprennent d’abord beaucoup sur ceux qui les utilisent.

Politiques et journalistes le savent, qui ont - en principe - l’habitude de peser les termes auxquels ils ont recours.

(Il faut) étudier la façon dont ceux qui ont voix au chapitre - journalistes, politiques nationaux et locaux - évoquent l’arrivée en terre corse de ces 124 réfugiés.

Et scruter les mots dont ils se servent.

Pour y débusquer l’évidente instrumentalisation politicienne des tenants du sarkozysme, le premier d’entre eux - ministre de l’Immigration - trouvant dans l’événement une parfaite illustration à ses discours (les réfugiés débarquent en masse, tremblez braves gens !) autant qu’une confirmation de ses pires cauchemars (les réfugiés débarquent en masse, tremblons braves gens !).

(...)  Ainsi de cet "article" publié sur TF1 News, titré Quel avenir pour les "boat people" de Corse ?

Lequel reprend allégrement le vocabulaire administratif et fait sien le clinique discours officiel.

Les réfugiés y deviennent des « personnes » - est-il vocabulaire moins humain ? - et le texte se veut aussi neutre que froid, usant des termes « pris en charge », « évacuation », etc…

Une distanciation finalement salvatrice, si l’on compare à un autre des articles publiés sur TF1 News, audacieusement intitulé Une plage corse envahie de réfugiés.



« Envahie »…

Qu’en termes délicatement nationalistes ces choses-là sont dites…

Il ne faut pas s’y tromper : le choix des mots n’est jamais hasardeux.

Et il se joue là une véritable bataille, ce que même les bas-du-front ont noté : « Certains médias commencent à vouloir nous faire avaler la pilule de la clandestinité en les appelant des "réfugiés et/ ou migrants" ! Bah voyons ! Le mot clandestin serait-il plus dur à prononcer ou bien trop dur à digérer par le système bien pensant ? », écrit ainsi, en évoquant un « débarquement », Nations Presse Info, l’une des voix officielles du FN.

Laquelle officine ne devrait pourtant pas se plaindre, tant ce sont ses mots et son vocabulaire qui se sont imposés au plus haut de l’appareil d’État.

Et tant Éric Besson en fait des tonnes, brossant en filigrane le tableau d’une France si assiégée de clandestins qu’elle les voit désormais "déferler" par centaines sur ses côtes.

« La situation dans la mer Egée est devenue intenable. Les Grecs sont soumis à une pression intolérable », a notamment déclaré le chancre-plutôt-que-chantre de l’identité nationale

Avant d’agiter le spectre d’un « nouveau Lampedusa » pour justifier son exigence d’un « sommet de crise » consacré à l’immigration clandestine.

« Intenable », « ingérable », « crise »… autant de mots mûrement pesés pour prétendre à l’urgence d’une réaction face à un afflux présenté comme incontrôlable.

via article X1

 

lundi 25 janvier 2010

 

chenil

L’image est celle d’un jeune adulte qui nous regarde derrière les grilles de sa cellule.

Sur cette image, un texte : « Si ça peut vous aider à donner, dites vous que cet homme est un chien » . Délibérément provocatrice, l’assimilation du prisonnier à un animal se veut bien évidemment réactive à la rhétorique sécuritaire qui, stigmatisant certains auteurs d’infractions par l’usage de termes comme « monstres » ou « prédateurs », sous-tend qu’ils perdent leur qualité d’être humain.

Quant à l’interpellation sur les logiques qui président au geste de générosité, elle vise avant tout à contredire l’idée selon laquelle nos concitoyens seraient totalement indifférents au sort réservé, en leur nom, aux personnes détenues.

via le site de l'OIP

 

amalgammes umpesques

Ce document est là, sur la page d’accueil du site du parti régimaire qui étend sur nos vies son emprise - et qu’il faudra bientôt songer à remettre aux poubelles de l’Histoire.

Il montre, comme tu vois, pour illustrer le message que l’époque devrait se décider à montrer enfin de la fermeté dans la répression du mineur, cinq jeunes gens dont rien ne permet, sauf à qui serait sous l’emprise des sourdes pulsions racistes où la droite régimaire ultra fonde son règne, de supposer qu’ils délinquent, mais qui ont l’à peine croyable effronterie d’être noirs, et de procéder, publiquement, à un rassemblement de plus d’un Noir de moins de vingt ans.

Le message du parti régimaire, par temps d’élection régionale (mais pas que), est par conséquent, tu l’auras compris, que ces Noirs, jeunes, qui marchent dans la rue sont la vivante représentation de la « délinquance des mineurs ».

Ils sont jeunes, mâme Dupont.

Ils sont noirs, mâme Dupont.

Il est donc évident qu’ils fomentent quelque nouvelle mauvaise action, mâme Dupont.

Votez pour nous, mâme Dupont - et c’en sera fini de « l’angélisme » dont ces foutus nègres des rues n’ont que trop longtemps joui.

via sébastien fontenelle

ndd : il semble que la rumeur virtuelle a murmuré suffisamment fort pour que les responsables du site de l'ump l'entendent, et remplacent l'image ci-dessus par celle qui suit... une cagoule (arh !), mais une main blanche (ouf).

 

jeudi 21 janvier 2010

 

le fondement de la résistance


image authentique prise sur grosgle maps, et visible

via les mots ont un sens


 

où le Costa Rica peut nous regarder de haut...

Le Costa Rica est une curiosité. Ce pays (...) n'a pas seulement renoncé à avoir une armée, il a décidé de lier son développement à la protection de la nature quand les deux objectifs sont le plus souvent jugés incompatibles ailleurs dans le monde.

(...) En 2007, en adoptant son initiative "Paix avec la nature", le Costa Rica s'est fixé pour objectif d'être neutre en carbone d'ici à 2021. La reforestation et le développement des énergies renouvelables sont les principaux axes de cette politique. En mars 2009, le président de la République et Nobel de la paix, Oscar Arias, a exprimé son refus d'ouvrir le pays à l'exploration pétrolière. "La préservation du capital naturel au travers des services que nous rendent les écosystèmes est la base de notre vision du développement. Et pour cela, il est fondamental que nous comprenions comment fonctionnent ces services rendus par la nature et comment nous pouvons les utiliser de façon durable", explique M. Ugalde.

Le Costa Rica a ainsi introduit bien avant que cela ne devienne une des pistes majeures de réflexion de la communauté scientifique mondiale, un système de paiements pour les services environnementaux.

Les campagnes de reforestation à partir d'espèces natives comme le cèdre, le chêne rouvre ou le teck, ont par ailleurs permis de faire passer le couvert forestier de 21 % en 1986 à plus de 50 % du territoire national actuellement. Un quart du pays a été placé sous statut protégé.

Alors que 2010, consacrée par les Nations unies, Année internationale de la biodiversité, sera l'occasion de faire le bilan inquiétant du recul de la nature partout dans le monde, le Costa Rica sera l'un des rares pays à démentir ce constat. Même si les effets de l'urbanisation ou du développement touristique le long des côtes peinent à être maîtrisés. 

via le monde

 

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