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jeudi 11 mars 2010

 

Irresponsables, les antinucléaires ?

Monsieur Fillon, qui sont les irresponsables ?

Lundi 8 mars, à la tribune de l'OCDE, le Premier Ministre français a traité « d'irresponsables » certains antinucléaires, qui ont simplement rendu public un document interne à EDF. Ce document révèle que le réacteur nucléaire EPR peut créer une catastrophe de type Tchernobyl.

Mais alors, Monsieur Fillon, qu'est-ce qu'être « responsable », pour vous ?

Prétendre que des frontières arrêtent un nuage radioactif ?

Vendre à des pays politiquement instables une technologie mortelle ?

Exporter et stocker en Russie des tonnes de déchets nucléaires, qui seront encore nocifs dans des milliers d'années ?

Les faire circuler dans des trains qui traversent à heures fixes nos villes et nos campagnes ?

Engranger d'énormes bénéfices sans se soucier de la santé, de la nature et de la vie future ?

Faire croire que le nucléaire serait une "solution" au réchauffement climatique, contrairement à ce que démontrent toutes les études sérieuses ?

Distinguer nucléaire civil et nucléaire militaire, alors même que ce sont les deux faces indissociables d'une même technologie ?

Envoyer des intérimaires, sans formation adaptée, au coeur des centrales ?

Faire des essais nucléaires dans des zones habitées ?

Cacher pendant des décennies les dégâts de ces essais sur la santé et l'environnement ?

Amasser assez de bombes pour faire exploser plusieurs fois la planète ? Imposer le chauffage électrique domestique pour justifier le choix français du tout nucléaire ?

Construire des centrales dans des zones inondables ou sismiques ?

Oublier des kilos de plutonium dans le recoin d'une installation nucléaire ?

Importer du courant électrique en plein hiver, au prix fort, depuis des centrales thermiques au charbon, parce que vos réacteurs nucléaires sont inadaptés aux pics de consommation ?

Soutenir des régimes autoritaires dans les pays exportateurs d'uranium ?

Construire un réacteur qui ne résisterait pas au crash d'un avion de ligne ?

Monsieur Fillon, vous faites partie de ceux qui cherchent vainement à caricaturer, diviser et diaboliser les antinucléaires pour tenter de masquer les échecs cuisants du lobby de l'atome. Même si ses déchets resteront dangereux pour les petits-enfants des petits-enfants de nos petits-enfants, le nucléaire, civil ou militaire, appartient déjà au passé. C'est ce qu'ont compris de nombreux pays européens : le Danemark, la Grèce, le Portugal, l'Irlande, le Luxembourg, qui n'ont jamais développé de programme nucléaire ; l'Espagne et l'Allemagne, qui se sont engagées sur la voie de la sortie du nucléaire ; l'Autriche qui a déclaré anticonstitutionnel le recours à l'énergie nucléaire. Nos voisins européens sont-ils aussi des "irresponsables", M. Fillon ?

Nous serons nombreux le 26 avril prochain, jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, pour vous dire que les irresponsables, aujourd'hui, sont ceux qui refusent de voir que l'avenir est à la sobriété énergétique et aux énergies renouvelables, pour un monde sans nucléaire. Quant à vos "responsabilités", elles sont en effet bien réelles : vous devrez en répondre devant les citoyens français et devant les générations futures.

communiqué de sortir du nucléaire





Il est donc de la plus haute importance de tirer le bilan moral, politique, démocratique en somme, des révélations de Sortir du nucléaire. (...) Même si le risque d’un Tchernobyl à la française était voisin de zéro - mais qui oserait le garantir ? -, les textes internes d’EDF font surgir, devraient faire surgir dans n’importe quel esprit lucide un authentique effroi.

Nous en sommes donc là. Précisément à ce point de l’histoire où une poignée d’ingénieurs peut décider pour le monde entier. Combien sont-ils à disposer d’une vue d’ensemble ? 100 ? Plus probablement 50. Ni madame Lauverjeon - patronne d’Areva -, ni monsieur Proglio - patron d’EDF - n’ont davantage de compétence en la matière que moi. Ils suivent, contraints qu’ils sont d’avaliser le point de vue technique de gens que personne n’est en mesure de contrôler si peu que ce soit. Toute la folie intrinsèque du nucléaire est là. On déploie une puissance de feu sans aucun précédent dans l’histoire humaine, et on la confie à des êtres en tout point semblables à nos parents du Néolithique. Certes, ils sont adroits. Les ingénieurs, je veux dire. Probablement d’une adresse étonnante et presque miraculeuse. Mais soumis comme nous à l’autorité, à la jalousie, à la folie, au mensonge, à l’erreur futile qui se transforme peu à peu en cataclysme.

via planète sans visa

 

Silence, on vote!

Le feuilleton des chômeurs en fin de droits, qui oppose depuis plusieurs semaines le gouvernement et les partenaires sociaux, s'éternise. Et il n'est pas sûr que cela soit de bon augure pour les quelque 360 000 personnes menacées, en l'état actuel de la législation, de se retrouver sans revenus en 2010. Le règlement de ce dossier sensible, qui concerne les plus fragiles des chômeurs, a été renvoyé, vendredi 5 mars, par le secrétariat à l'emploi au lendemain du second tour des élections régionales. Comme s'il y avait urgence à remettre au lendemain ce sujet qui fâche et qui coûte cher ("plusieurs centaines de millions d'euros", selon Laurent Wauquiez) (...).

Pôle emploi estime à un million le nombre de chômeurs qui arriveront cette année en fin de droits à l'Unedic (...) Le basculement en fin de droits, une étape de plus dans l'éloignement de l'emploi, s'accompagne généralement d'une chute de revenus draconienne. Au 30 juin 2009, la moitié des chômeurs indemnisés par l'assurance-chômage percevaient une allocation de retour à l'emploi de 1 267 euros (1 421 en moyenne). S'ils tombent dans le régime de solidarité, ils ne toucheront plus que 460 euros par mois d'allocation de solidarité spécifique (ASS). Dans certains cas, ils seront même totalement privés de ressources propres. (...)

Sur le million de personnes qui arrivera cette année en fin de droits, 550 000 sont chômeurs de longue durée (plus de douze mois consécutifs de chômage), et 150 000 sont des jeunes de moins de 25 ans.Près des deux tiers se trouveront, six mois après leur basculement en fin de droits, dans "une situation connue" de Pôle emploi : une reprise d'activité (90 000), une activité réduite (60 000), un chômage indemnisé (60 000), une prise en charge par la solidarité nationale (420 000) via l'ASS ou le revenu de solidarité active (RSA) ou une retraite (10 000). Restent 360 000 personnes dans "une situation non connue" de Pôle emploi, c'est-à-dire, traduisent les syndicats, sans revenus ou sans ressources propres.

via le monde

Mais ceux qui sont actionnaires n'ont pas de souci à se faire:

Contre vents et marées, les actionnaires seront préservés, semblent s'être dit la plupart des dirigeants des grands groupes français du CAC 40. A quelques rares exceptions, la plupart vont proposer à leur assemblée générale de maintenir, voire d'augmenter le montant du dividende versé en 2010 au titre de l'exercice 2009. Malgré la baisse globale de leurs profits et de leur chiffre d'affaires. (...)

via le monde

 

mercredi 10 mars 2010

 

big zucker* is watching you

traduction (maison) :

case 1  : (sur l'écran) "En chat avec Big Zucker" "Ministère de la vie privée" ; (bulle) "Salut, citoyens de facebookia"

case 2 : "Voici notre pays, le pays du peuple et de vie privée" "C'est pourquoi nous avons de nouvelles règles concernant la vie privée"

case 3 : "A partir de maintenant, et par défaut, toutes vos informations sont disponibles pour tous." "Et pas seulement vos amis... Tout le monde sur internet !"

case 4 : (bulle) "Pour garder une vie privée, partagez tout avec tout le monde !" ; (écran) "La vie privée c'est la sociabilité" "Le secret c'est le partage" "L'information personnelle est publique."

via JoyofTech (et JMM sur internetactu)
* "Zucker" est un diminutif de Mark Zuckerberg, créateur de Facebook

 

mardi 9 mars 2010

 

prime à la crasse

« Votre voiture n’est plus toute jeune ? L’Etat vous offre une prime à la casse de 1000 € si elle a plus de dix ans. Renault étend cette prime aux véhicules de plus de huit ans. »

C’était la mesure « écolo » de l’hiver dernier : il fallait se débarrasser de nos bagnoles, en racheter des neuves, forcément plus « respectueuses de l’environnement ».

Sauf que.

Sauf qu’une question nous trottait dans la tête : dans ce raisonnement, personne n’inclut le coût écologique pour la fabrication d’une voiture. On a cherché sur Internet : rien.

Alors allons-y.

On appelle le service de presse de Renault. (...) La "Twingo authentique 1.2", vantée dans la pub du début, rejetterait 120 g de CO2 par kilomètre (...). La Twingo d’il y a dix ans rejetait, annonce le Monsieur, 138 g de CO2 par kilomètre. On « économiserait » donc 0,018 kilogramme par kilomètre. Mais, toujours d’après la firme, la production d’une voiture rejetterait 6,5 tonnes de CO2 (évaluation réalisée pour la Scénic, non disponible pour les autres modèles). Et une tonne, encore, pour la destruction.

Une fois ces éléments rassemblés, on peut sortir nos calculettes.

(6500 + 1000) / 0,018 = 416 666.

Donc : pour qu’il soit rentable, écologiquement, d’acheter une nouvelle voiture plutôt que de rouler avec l’ancienne, il faut rouler plus de 416 666 kilomètres ! Ce qui correspond au kilométrage parcouru en 33 années par un automobiliste.

Bien sûr, on chipotera. Que c’est approximatif. Que les données ne sont pas exactes, etc.

C’est vrai.

Mais l’ordre de grandeur est là.

La Twingo neuve, supposée plus « propre », est en vérité plus sale. Beaucoup plus sale.

Ça nous a surpris, ce résultat. (...)

Alors, on l’a repris part un autre bout.

Supposons deux Français moyens, dont la voiture parcourt, chaque année, 12 650 kilomètres.

Le premier, c’est le méchant : pas écolo, il n’écoute pas Borloo et ne croit pas les pubs Renault – mais roule dans un petit modèle quand même. Il use son tacot jusqu’à la corde, seize ans avec sa vieille Twingo. Soit : 6500 (pour la fabrication) + 16 * 12650 * 0.138 (pour son utilisation) + 1000 (pour sa destruction). Egal, au final : 35,4 tonnes de CO2 rejetés.

Le second, c’est le gentil, qui suit les consignes de Borloo et Renault : au bout de huit ans, il change sa Twingo pour une nouvelle, avec un moteur moins polluant. Soit : 6500 (pour la fabrication de sa première voiture) + 8 * 12650 * 0.138 (pour son utilisation les huit premières années) + 1000 (pour la destruction de sa première voiture) + 6500 (pour la fabrication de sa seconde voiture) + 8 * 12650 * 0.120 (pour son utilisation les huit années suivantes) + 1000 (pour sa destruction). Egal : 41,1 tonnes de CO2 rejetés.

Tout ça, on le rappelle, à partir des données du constructeur.

Les calculs de l’ISF (l’Institut Scientifique Fakirien) sont formels : changer sa voiture tous les huit ou dix ans est néfaste pour l’environnement. Ca produit 16 %, environ, de gaz à effets de serre en plus. Et pourtant, voilà la mesure qu’ils nous ont vendus comme « écolo » : acheter et jeter.

via fakir, qui précise : Le journal Fakir est un journal papier, en vente chez tous les bons kiosquiers ou sur abonnement. Il ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu'il est acheté.

 

lundi 8 mars 2010

 

deux contributions fémini-st-nes au 8 mars

Préparez-vous, bande de femelles, ça va donner  aujourd'hui. On va avoir droit à "la journée d' Lafâme, c'est pas le jour d'ouverture des soldes ?" ou "Chérie, aujourd'hui, c'est ta journée, laisse tomber la vaisselle, tu la feras demain", ah ah ah. Ah, ah, ah.  Maintenant que la spéciale dédicace aux lourdauds est faite, passons donc aux finauds qui se croient au dessus du lot. Vous savez, celui qui croit qu'il est respectueux comme pas deux, fin comme tout, et surtout, au dessus de tout soupçon. Il ne PEUT pas être misogyne, parce qu'il est pote avec une féministe (mais elle est sympa), que sa nana a bac plus cinq, et que merde, il est de gôche. (...)

Alors fais un effort, Lafâme, et rappelle toi cette situation vécue :

Le petit gauchiste est assis en face de toi, c'est ton pote. Il est "très ouvert" et avec lui, au moins, pas de batailles stériles sur l'Europe, les "nécessaires réformes" ou l'insécurité : il pense comme toi.

Il est là, il boit sa bière tranquillement face à toi, lorsqu'il balance une petite blague sur les femmes, avant de se mettre à rire doucement, vaguement conscient de sa petite transgression (une blague misogyne à une féministe, quel talent !). S'en suit alors un silence gêné, qui a l'air de ta fa faute : toi, tu n'as pas ri. Quelle outrecuidance, Lafâme ! Tu aurais pu faire un effort. Au lieu de ça, tu réfléchis à ce que t'a raconté ton pote quelques jours plus tôt, lorsqu'il t'a décrit avec moult détails comment s'était exprimé le racisme latent d'un abruti.

Ton pote t'avait expliqué que la blague qu'il avait entendue était raciste, qu'elle ne dépassait pas le premier degré, qu'elle renvoyait Mohammed à sa case, à ses gènes de voleur, à son caractère de grand enfant indolent. Il était découragé par ce racisme persistant. Ce qui lui avait le plus donné envie de vomir à ton pote, c'est que Mohammed ait dû rire à cette blague. Ça, ça l'avait flingué. L'est pas con ton pote, il a bien vu que ce qu'on a exigé de Mohammed, par le rire, c'était de plier, de se soumettre, de s'humilier. Il a bien senti que c'est le fond du fond la soumission par le rire, que c'est un peu comme de se faire pisser dessus et se sentir obligé de dire "merci". Il ne s'agissait même pas de vie ou de mort, ni de garder un travail, non, Mohammed, il avait ri parce que s'il ne l'avait pas fait, il aurait eu l'air de résister, et qu'il n'était pas en position de le faire. Il sait tout ça ton pote de gauche, et s'il voit Mohammed ne pas rire à une blague raciste, la première chose qu'il lui viendra à l'esprit, ce n'est pas "tiens, Mohammed n'a pas d'humour". Non, il se dira au contraire qu'il faut beaucoup de courage pour ne pas rire.

Par contre, ton pote, il aime bien blaguer à propos des femmes, qui sont chiantes, quand même, un peu hystériques, pas malines ou scolaires, qui changent tout le temps d'avis, qui sont compliquées, jamais contentes, vénales, allumeuses, superficielles, ou trop émotives. Mais toujours pour rire. Alors quand il fait sa blague face à toi et qu'il ajoute "non mais pas toi ! t'es pas comme ça toi ! l'prend pas mal !", eh bien ton pote, amie femelle, tu trouves qu'il ressemble juste à l'abruti qu'aime pas les arabes sauf son copain Mohammed qui rit à ses blagues. C'est là que tu comprends que toi, c'est pareil, t'es un peu son arabe préféré, sa femelle élue : on se marre bien avec toi, pas comme avec ces connasses qu'ont pas d'humour. Sauf que toi, tu es comme tout le monde, tu n'aimes pas te faire pisser dessus.

la suite (chaudement recommandée) sur le (très bon) (et, s'il vous plait, accordez-nous de penser qu'on ne dit pas ça parce qu'on est la journée de la femme) site des entrailles de mademoiselle (allez, on clique, maintenant)


par Raphaëlle

 

tous égaux en France (mais ça reste plus facile pour certains)

inégalités en hausse :

inégalités en baisse :

Le paysage dressé par nos données est double. (...) Globalement les revenus augmentent, les conditions de vie s’améliorent, on est mieux formé et on vit plus longtemps. Oui mais voilà : ces progrès sont de moins en moins bien partagés. Les plus riches ont vu leurs revenus s’envoler avant la récession, mais celle-ci a entraîné une baisse des revenus financiers et de l’intéressement aux résultats des entreprises qui bénéficient essentiellement aux plus aisés. En même temps, les plus cultivés s’acharnent à défendre l’un des systèmes éducatifs les plus inégalitaires parmi les pays riches. Et ça marche : les scolarités s’allongent surtout pour les plus diplômés.

D’une manière générale, les périodes de ralentissement économique durcissent la compétition, ce qui profite aux plus favorisés. La situation des moins qualifiés, des femmes, des immigrés et des précaires ne se dégrade pas, mais les progrès des années précédentes sont stoppés. Depuis une quinzaine d’années la pauvreté ne baisse plus, le salaire des femmes ne rattrape plus celui des hommes, etc. (...)

via l'observatoire des inégalités

 

dimanche 7 mars 2010

 

le retour de tout et n'importe quoi (dans la bouche du président)


"Il faut rendre constructives les zones inondables !" (sic) (via BFM, date inconnue)

 

la françafrique, c'est fini (presque)

Selon toute vraisemblance, Ali Bongo Ondimba (auteur d’un coup d’état électoral au Gabon le 30 août 2009) et Francine Rose Rogombé (Présidente de la République par intérim suite au décès d’Omar Bongo) ont été distingués en catimini le 24 février dernier par Nicolas Sarkozy en personne. (Cf. photo ci-dessus du quotidien Gabon Matin paru début mars 2010). Ali Bongo a reçu une médaille de Grand Officier de la Légion d’honneur et Rose Rogombé a été fait Commandeur de la Légion d’honneur. 

via le grand soir

 

samedi 6 mars 2010

 

expulsions vs. régularisations, un match serré (au grand dam du gouvernement)

29 300 étrangers sans papiers ont été renvoyés en 2009, selon le ministère de l'Immigration. Mais la machine à expulser fonctionne de façon très différente du discours officiel, comme le révèlent les données d'un rapport du secrétariat général du Comité de contrôle de l'immigration (instance chargée de présenter chaque année au Parlement les orientations de la politique gouvernementale) publié en catimini (...).

Le nombre d'étrangers expulsés a été multiplié par trois entre 2001 et 2009. (...)

Pas moins de 82 600 arrestations ont été réalisées, soit autant de dossiers et des millions d'heures de travail de fonctionnaires… Le rapport signale, par exemple, que 900 patrouilles « sécurisent » (les guillemets ne sont pas inclus dans le rapport) quelque 2 300 gares et 1 500 trains. Autant de services publics qui auraient mieux à faire en s'occupant d'autres dossiers, que l'on songe aux tribunaux ou aux forces de police. (...)

Le paradoxe apparent de cette politique, c'est que tout en expulsant, on régularise aussi beaucoup… 29 800 étrangers entrés irrégulièrement ont obtenu un titre de séjour en 2008 : davantage que d'expulsions. Entre 2002 et 2008, pas moins de 200 000 étrangers ont ainsi été régularisés selon le comité interministériel, un niveau supérieur à celui enregistré entre 1997-2001 ! Ce qui est logique : la traque des sans-papiers révèle de très nombreux cas de personnes qui ne sont pas ou difficilement expulsables − des familles avec des enfants nés en France ou établies de très longue date, ou des étrangers qui travaillent au service de personnalités de la majorité… (...)

Source : Comité interministériel de contrôle de l'immigration

via alternatives économiques

 

vendredi 5 mars 2010

 

gattaca*, ici et maintenant (enfin, là-bas et maintenant pour l'instant, mais faisons confiance à nos élites)

Aux États-Unis, les nouveaux-nés sont systématiquement soumis à un dépistage des maladies génétiques. "Étant donné que les tests sont mandatés par le gouvernement, ils sont souvent réalisés sans consentement parental", explique Brad Therrell, directeur du centre national de dépistage néonatal et de ressources génétiques (NNSGRC). D’après le centre de ressources, dans de nombreux états tels que la Floride, où est née Isabel, l’ADN des bébés est conservé indéfiniment.

« Nous étions consternés lorsque nous avons découvert une telle chose », nous dit Annie Brown, qui est par ailleurs infirmière conventionnée. « Pourquoi ont-ils besoin de conserver l’ADN de mon enfant indéfiniment ? Ce qui y figure pourrait affecter ses possibilités de trouver un emploi dans le futur ou d’être couverte par une assurance santé. »

Selon le site officiel de l’état du Minnesota, les prélèvements sont conservés afin de répéter les tests si nécessaire, l’ADN ainsi archivé pourrait aussi aider des parents dans la recherche d’un enfant disparu ou dans l’identification d’un corps. Les échantillons sont aussi utilisés pour la recherche médicale. (...)

"Les chercheurs privés n’ont pas besoin du consentement parental pour obtenir un échantillons tant que le nom du bébé n’y est pas rattaché", précise Amy Gavaglio, l’une des auteurs du rapport du Minnesota et conseillère au Département de la santé de cet état. Toutefois, elle dit que de ce qu’elle a compris, si des chercheurs privés demandent à obtenir un échantillon nominatif, il doivent d’abord obtenir l’accord des parents.

Selon Gaviglio, conseiller génétique au Département de Santé du Minnesota, les scientifiques ont revendiqué que cette énorme banque d’échantillons ADN était une vraie "mine d’or" pour faire des recherches. (...)

Annie Brown dit qu’elle a d’abord perdu confiance quand elle a appris qu’on avait fait des tests sur son bébé sans que personne ne demande son consentement ou celui de son mari. (...)

Du fait que c’est sa mutuelle qui a payé les frais du dépistage pour Isabel, son test, positif à la mucoviscidose est maintenant enregistré dans les archives de la compagnie d’assurance et les Browns s’inquiètent du fait que cela pourrait la pénaliser dans le futur. (NDD : d'autant qu'après tests, l'enfant n’est pas porteuse de la maladie...)

"C’est vraiment un point noir dans son dossier et il n y a aucun moyen de l’effacer. Imaginons un peu qu’un jour, on puisse détecter un gène de la schizophrénie ou la psychose maniaco-depressive et que votre bébé soit testé positivement, ça y figurera aussi." (...)

Dans certains états tels que le Minnesota et le Texas, l’administration est tenue de détruire les échantillons si les parents le demandent. Les parents qui souhaitent voire l’ADN de leur enfant détruit doivent remplir ce formulaire au Minnesota et celui-ci au Texas.

"Les parents d’autres états ont moins de recours", explique Brad Therrell, qui dirige le groupe de recherche génétique. "Vous devrez probablement faire une demande manuscrite auprès des services concernés en leur demandant gentiment de détruire votre échantillon. Rien n’indique cependant, ajoute-t-il, qu’ils répondront à vos attentes. Je pense même qu’il serait difficile d’obtenir gain de cause."

via cnn - traduction panoptique

 

jeudi 4 mars 2010

 

l'histoire des choses

"The story of stuff" est une animation de Annie Leonard qui décortique et critique de façon radicale et pédagogique le système linéaire de production/consommation/déchet qui prévaut dans nos sociétés dites développées (un peu simpliste ? oui, mais simplifier c'est amplifier amis lecteurs, ne l'oubliez pas) - un classique du genre, qui n'était pas sur dessillons - c'est réparé.

Cette animation est déjà en ligne depuis 2 ans sur le site storyofstuff.org, a été vue des milliers de fois... Le site US propose d'autres animations et des propositions d'action.

 

mercredi 3 mars 2010

 

continue de travailler à l'oeil, c'est de l'internet collaboratif j't'assure

L’internaute (...) est exploité, souvent à son insu. Une exploitation soft et sans douleur, parfois même consentie en échange de services gratuits ou de menues compensations financières, selon le système du crowdsourcing. Modèle économique apparu vers 2005, il s’appuie sur la disponibilité d’une armée d’internautes assis devant leur écran.

Exemple le plus extrême, celui du Mechanical Turk, service d’Amazon qui agrège une myriade de microtâches fastidieuses (traductions, tags, commentaires), proposées par des entreprises désireuses de sous-traiter certaines besognes sans embaucher d’intérimaires. Les turkers, comme on appelle ces soutiers du Net qui acceptent des corvées simples mais gourmandes en temps, sont payés (sauf si l’entreprise estime que la tâche est mal faite), mais les sommes sont dérisoires, entre 1 cent et une poignée de dollars. Certains dénoncent un système d’exploitation à échelle mondiale, ignorant le code du travail et le salaire minimum légal.

Le système Recaptcha tient également du crowdsourcing. Un captcha, c’est cette suite de caractères difformes qu’on vous demande de recopier, histoire de vérifier si vous êtes bien un humain et non une machine malicieuse qui s’apprête à spammer. (...) Recaptcha affiche des mots issus de textes scannés que l’ordinateur n’a pas reconnus, et compte sur l’internaute pour les décrypter. (...)

Une méthode déjà employée par Image Labeler, (de grosgle) présenté comme un jeu où les internautes sont sollicités pour décrire une image et lui associer des mots clés afin d’aider Google à améliorer son moteur de recherche d’images. (...)

via libération
la visite de Mechanical Turk, reCaptcha, et Image Labelers est recommandée, pour bien saisir l'ampleur de la chose...

 

mardi 2 mars 2010

 

"quelle connerie, la guerre"

A Short Film About War (...) : Tandis que le reportage « classique » et linéaire défile à gauche, l’écran de droite liste la provenance des éléments du film en temps réel, telles deux représentations d’une même information. Aux photos d’aéroport piochées sur Flickr, site de partage d’images, succèdent celles d’un stand de rue à Ramallah, des paysages de ruines, des murs, des explosions, des cadavres à Bagdad, en Afghanistan, au Soudan, en République démocratique du Congo. Le diaporama est rythmé par les récits de blogueurs, militaires ou civils qui témoignent de leur expérience personnelle de la guerre. (...)

Une vision du monde du point de vue de quelqu’un qui flotte au-dessus, se déplaçant d’un lieu à un autre d’un clic, prêtant l’oreille à quelques voix singulières parmi les millions dont bruisse le réseau.

> voir le film

un film des artistes anglais Thompson & Craighead (de nombreuses belles vidéos, dont le recommandé flat earth), via libération

 

lundi 1 mars 2010

 

protection sociale discontinue...

Dans le cadre de la réunion publique organisée le 17 février 2010, organisée par le collectif Droits de femmes, des intermittentes alertent des femmes politiques représentantes des partis de gauche, sur l'absence de protection sociale de salariées aux professions discontinues lorsqu'elles donnent naissance à un enfant.

 

allègre ment (on ne s'en lasse pas) (de la blague, pas des mensonges)

1. divagations

P. 73 A propos de l'influence du réchauffement sur les ouragans, "certains spécialistes comme Wester, Tech ou Kerry Emmanuel pensent" qu'elle est réelle, écrit l'auteur. "Wester" est Peter Webster. Quant à "Tech", ce nom n'existe pas. L'auteur a confondu le nom de l'institution de M. Webster (Georgia Tech, diminutif de Georgia Institute of Technology) avec celui d'une personne. (...)

P. 138 Claude Allègre présente comme très forte l'opposition de la communauté scientifique aux conclusions du GIEC. Il écrit : "L'événement le plus significatif est peut-être le vote qui a eu lieu parmi les spécialistes américains du climat. (...) Le 19 octobre 2009, le Bulletin de la Société météorologique américaine en a rendu publics les résultats. Les voici : 50 % d'entre eux ne croient pas à l'influence de l'homme sur le climat, 27 % en doutent. Seuls 23 % croient aux prédictions du GIEC."

Interrogé, Paul Higgins, un responsable de l'American Meteorological Society, se souvient de cette enquête. A ceci près qu'elle ne concernait nullement les "spécialistes américains du climat", mais les présentateurs météo des chaînes de télévision américaines...

les deux divagations les plus drôles parmi une foison trouvées dans le livre "l'imposture climatique" de claude allègre, via le monde


2. cautions scientifiques imaginaires

À la page 132 de L'Imposture climatique, Claude Allègre écrit : "Il y a, dans divers pays, de nombreux spécialistes climatologues qui, souvent au péril de leur survie scientifique, ont combattu les théories du GIEC." "Je donne donc quelques noms parmi les plus prestigieux, et sans être exhaustif,  poursuit-il. Les Scandinaves Svensmark et Christensen, Dudok de Wit, Richard Courtney, Martin Hertzberg, Denis Haucourt, Funkel et Solansky, Usoskiev, Hartmann, Wendler, Nir Shaviv, Syun-ichi-Akasofu." (...)

Richard Courtney, également mentionné par M. Allègre, il n'est pas climatologue, mais "consultant indépendant en énergie et environnement" (...)

Martin Hertzberg (est) "consultant en science et technologie" (...)

Denis Haucourt : ce nom est absent des bases de données de la littérature scientifique. (...)

Funkel renvoie à 17 études. Elles portent sur des travaux en dermatologie, en sciences de l'informatique, sur le traitement des appendicites chez des patients atteints de tuberculose (...)

Usoskiev (études) introuvables.

Solansky n'existe pas non plus. Mais on reconnaît là Sami Solanki, (...) réfute avec vigueur les idées qui lui sont attribuées par M. Allègre. (...)

Dennis Hartmann (...) aussi réfute son "enrôlement". (...)

Gerd Wendler, (...) explique : "Je pense que les changements anthropiques (les gaz à effet de serre et les modifications de paysages) mais aussi les changements naturels détermineront le climat du futur."

Wunsch (...) tient à ajouter : "Je pense que les modèles ne sont pas pertinents pour prédire le climat, mais qu'ils montrent de manière plausible les conséquences du réchauffement climatique, c'est-à-dire les risques que nous encourons. Et je trouve que ces risques sont extrêmement inquiétants."

via le monde


3. vous en voulez encore ?

Un peu partout sur le web, mais notamment une série en cours sur le (recommandé) blog {science²} : Claude Allègre : premier debuggage de «l'imposture» ; Allègre, débuggage 2 : le sergent recruteur ; Allègre, débuggage 3 : le graphique faux ; Allègre, debuggage 4 : l'imposteur du climat...

 

dimanche 28 février 2010

 

déficient anémique...

ou : ducon la joie 2

encart publicitaire (de luxe) pour des voiture (de luxe) ajouté dans de nombreux journaux ces temps-ci

 

bonne conduite

En France, la demande pétrolière se contracte toujours et, avec 81,5 millions de tonnes (Mt) en 2009, est retombée au niveau des années 1982-1983. Les carburants automobiles, qui représentent plus de la moitié de la demande – 52% exactement – ont confirmé leur décrochement de 2007. Si la consommation de gazole (33,2 Mt) s’apprécie de 1,1% par rapport à 2008, celle de supercarburant baisse de 5,5%. Conséquence de la baisse des cours du brut, les prix du SP 95 et du gazole sont retombés fin 2008 et ont retrouvé leurs niveaux de 2002, 1,05 euro par litre pour le gazole et 1,25 euros pour le super. (...)

Pour consommer moins – avant tout pour des préoccupations environnementales – 56% des automobilistes ont réduit leur vitesse et 37% utilisent moins leur véhicule. Plus important, ils sont 80% à affirmer qu’ils ne reprendront pas leurs vieilles habitudes en cas de baisse des prix des carburants. Le tournant de 2008 semble définitif en conclut le président de l’Ufip.

via l'usine nouvelle (dans un article qui ne se réjouissait pas de cette information, mais visait à en dénoncer une conséquence : le risque (avéré) de devoir fermer de nombreuses raffineries dans les années à venir)

 

le clonage se poursuit (ou : un peu de mauvais esprit)

(hortefeux vs. lang)
(raoult vs. gollnisch)
(morano vs. le pen II)

via fafbook (site antifa ludique)

 

mardi 23 février 2010

 

il a neigé cet hiver !

Au cours de la semaine du 4 au 10 janvier, sur les 42 journaux télévisés des trois chaînes hertziennes (13h et 20h, TF1, F2 et F3), 27 ont ouvert sur cette information inouïe : il neige en hiver !

Au total, les trois chaînes ont consacré pas ;moins de six heures de reportage à ce phénomène, soit environ 25% de le durée des journaux télévisés.

 

lundi 22 février 2010

 

oh ? c'est qui sur l'image de la caméra ? bin en vrai, on sait pas le dire...

Quand il s’agit d’identifier un inconnu (avec une caméra de vidéosurveillance), l’oeil humain a du mal à suivre. Un taux de 20% à 30% d’erreurs ont été mesurées dans une étude scientifique visant à faire identifier une personne sur la foi d’une vingtaine d’images issus de systèmes CCTV ((television en circuit fermé, en vocable anglo-saxon). Dans une première expérience, 12% des cobayes se sont trompé de personne, et 18% ont déclaré  aucune reconnaissance avec l’individu témoin et finalement 70% l’ont reconnu. Dans une seconde expérience, l’individu témoin n’était pas présent dans les 20 photos du test. Pourtant 70% ont déclaré reconnaître le témoin.

Mais alors, quid de la reconnaissance automatique ? L’auteur évoque alors le risque d’une marge d’erreur, même ridicule (0,1 ou 0,001), sur une base de données de plusieurs milliers de personnes — problème récurrent pour tout dispositif d’identification biométrique. Si sur une base de 100 visages le taux de réussite est d’environ 90% — donc 10% d’échec — sur une base de 37.000 images il s’est effondré autour de 65% à 75%. Et dans l’espèce, il s’agissait de photos d’identité prises avec du matériel adapté et sur fond blanc, des conditions idéales pour une identification ultérieure. (...)

« C’est très rare que des caméras de surveillance puissent identifier une personne au point d’être recevable dans une procédure, pourtant le discours n’a pas changé et on va encore en installer d’autres », tranche un juge d’instruction. (...)

C’est le propre de la novlangue: on vous dit que c’est efficace, alors que l’on sait pertinemment que ça ne l’est pas, ou pas vraiment comme on le présente à ses électeurs. La réussite du vidéoquadrillage des cités, c’est le conditionnement de toute la population, et non l’enfermement de quelques délinquants. Son corollaire, c’est l’alimentation d’un énorme marché qui va céder une nouvelle tranche de  l’espace public aux opérateurs privés. (...)

via numéro lambda (à lire aussi pour la suite, où jf coppé dans une proposition de loi (29.09.2009) annonce que "Pour que les systèmes de vidéosurveillance soient efficaces, tout vêtement qui empêche l’identification en cachant le visage doit être proscrit sur la voie publique, sauf lorsqu’il correspond à une exigence médicale."

 

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