Le rapport annuel de l'observatoire national des zones urbaines sensibles (qui correspondent aux quartiers les plus difficiles des métropoles françaises, soit 4,5 millions d'habitants), rendu public lundi 30 novembre, témoigne de la gravité de la situation dans les quartiers sensibles et éclaire les poussées de violence répétées, depuis les émeutes de 2005, d'une partie de la jeunesse des cités difficiles. Il montre que, sur les cinq dernières années, avant même que la crise économique actuelle ne commence à faire effet, les gouvernements successifs n'ont pas réussi à corriger significativement les inégalités accumulées. Qu'il s'agisse de chômage, de pauvreté ou d'éducation, les ZUS demeurent des territoires relégués, en première ligne des tensions sociales.

Les données les plus préoccupantes concernent la pauvreté. Selon l'Onzus, 33,1 % des habitants des ZUS vivent en dessous du seuil de pauvreté (908 euros mensuels pour vivre) contre 12 % pour le reste du territoire. Cette proportion atteint le chiffre record de 44,3 % pour les moins de 18 ans habitant en ZUS, les premiers touchés par les inégalités de revenus (...).

Les difficultés d'accès à l'emploi restent également considérables. Entre 2003 et 2008, le taux de chômage dans les ZUS a certes très légèrement diminué, passant de 17,2 % à 16,9 %(...).Mais cette évolution favorable est relativisée par l'Onzus : si le chômage s'est bien réduit dans les ZUS, il a moins diminué que dans les autres territoires urbains, signe que les écarts se sont en réalité accentués. Là encore, les jeunes figurent parmi les premières victimes. Notamment les garçons : en 2008, avant même le déclenchement de la crise économique, le taux de chômage des hommes de 15 à 24 ans originaires de ZUS a explosé, atteignant 41,7 %(...).

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Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois : "La logique du ghetto arrange tout le monde" (...)

Quand (Nicolas Sarkozy) vient en banlieue, c'est uniquement pour parler de vidéosurveillance ou d'immigration. Et les transports? Le logement? L'emploi? La question de fond est: veut-on simplement que les banlieues soient calmes ou veut-on résorber les ghettos? Je crois que le président a donné sa réponse: seule la sécurité l'intéresse (...).

En réalité, la logique du ghetto arrange tout le monde. La société fabrique des situations extrêmes, mais ce qui compte, aux yeux des classes moyennes et supérieures, c'est que cela reste invisible et qu'on n'en parle pas trop. Les pauvres, surtout s'ils sont noirs et arabes, on les met à Clichy-sous-Bois en pensant, sans trop le dire ou se l'avouer à soi-même, qu'on préfère les avoir là-bas, à distance, plutôt que dans la classe de sa fille ou de son fils.

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